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Clé d'étranglement, maintien de tête, prise arrière... Quelles sont les différentes techniques d'interpellation?

Les policiers expriment leur colère.

Les policiers expriment leur colère. - AFP

Pour répondre à la colère des policiers, le ministère de l'Intérieur envisage de maintenir la technique dite de la "prise arrière" mais réaffirme l'abandon de la technique de "la clé d'étranglement" lors des interpellations. Une réponse plus sémantique que technique.

Clé d'étranglement, maintien de tête, prise arrière... le bras de fer entre le ministère de l'Intérieur et les syndicats de policiers tourne à une bataille des mots. Christophe Castaner a annoncé lundi un abandon lors des interpellations de la technique dit de la clé d'étranglement, seul moyen pourtant efficace et non dangereux, selon les policiers, pour maîtriser des individus, notamment quand ils sont violents ou sous l'effet d'alcool ou de stupéfiants.

Face à la colère des policiers, le ministre de l'Intérieur reçoit leurs syndicats depuis ce jeudi. Selon nos informations, à l'issue d'une première journée de rencontre, Christophe Castaner a évoqué le maintien de la technique de la "prise arrière" lors des interpellations, mais l'interdiction de la technique de la clé d'étranglement. "On est dans du sémantique et pas dans de la technique", peste un policier.

BFMTV.com fait le point sur ces différentes techniques. 

> La technique dite de la clé d'étranglement respiratoire

C'est un terme que les syndicats réfutent, et pourtant c'est une technique qui est enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. La clé d'étranglement respiratoire consiste, lorsque le policier est derrière l'individu, à maîtriser debout, à passer son bras autour de son cou et à exercer une pression sur la trachée avec le plat de son avant-bras, provoquant ainsi une douleur et le blocage de la respiration. En limitant l'afflux d'oxygène, le tonus musculaire de la personne se réduit. 

"Les collègues en ont besoin, plaide sur BFMTV Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance nationale. C'est la seule technique qui peut être bénéfique lors de certains moments de contacts malheureusement." Une technique efficace, selon les policiers, notamment quand l'individu à interpeller est plus lourd que le fonctionnaire.

En pratiquant cette technique, le policier peut faire parvenir des injonctions à l'individu à maîtriser pour lui faire lâcher son arme, par exemple, et un deuxième policier peut ainsi procéder à son menottage. Cette technique peut également permettre aux policiers d'amener l'interpellé au sol, en l'accompagnant, et ainsi le menotter. Dans l'enseignement fourni en école de police, cette technique doit être exercée le strict temps nécessaire au menottage.

Les policiers, contactés par BFMTV.com, en défendent l'usage car il s'agit, selon eux, de la technique qui, avec un effet immédiat, est l'une des plus efficace lors de l'interpellation, sans conséquences graves sur l'individu.

> La technique de la clé d'étranglement sanguin

Comme pour la clé d'étranglement respiratoire, l'effet est immédiat en cas de technique d'"étranglement sanguin". Il s'agit là pour le policier de positionner le creux de son coude autour du cou de l'individu et de serrer au niveau de la carotide. Le cerveau n'est alors plus alimenté en sang, provoquant une perte de connaissance.

Cette technique est abordée mais pas enseignée en école de police. Les policiers y sont sensibilisés en raison de sa proximité en terme de réalisation avec la clé d'étranglement respiratoire. Cette technique jugée trop dangereuse n'est plus enseignée dans les écoles de gendarmerie et de l'administration pénitentiaire.

> La technique de la "prise arrière"

Cette technique de la "prise arrière" a pour même objectif de soit menotter l'individu, soit d'amener au sol l'individu pour le menotter ensuite. Elle consiste pour les policiers à passer un bras sous le bras de la personne à maîtriser, afin de créer un déséquilibre. L'agent encercle avec ses bras les parties hautes du corps de l'interpellé, tout en mettant sa tête à l'opposé de la sienne. L'objectif, même s'il s'agit d'une prise au cou, est d'éviter toute pression sur la trachée ou la carotide.

> Le "contrôle tête"

Cette technique est pratiquée pour guider l'individu en accentuant les gestes sur la tête. Lors de la réalisation d'une clé d'étranglement, le policier et l'individu sont quasiment joue à joue. En bloquant la tête de l'individu avec sa propre tête, le policier peut dans un premier temps éviter les coups de tête. Il peut également "guider" l'individu rien qu'en faisant pression sur son crâne, à gauche, à droite, le déstabiliser et ainsi l'amener au sol.

> Quel danger pour ces techniques?

Les policiers le martèlent: la clé d'étranglement est la technique d'interpellation la plus efficace sans provoquer de conséquences graves. "Il ne faut pas que la prise dure trop longtemps, estime le médecin généraliste Hervé Boissin. Si cette prise est bien faite, l'afflux d'oxygène n'est pas complètement coupé, c'est l'immobilisation qui est gênante parce que le coude relève le menton. Le danger, c'est le geste mal fait. Cette pratique nécessite une bonne formation, mais en cas de plainte ou de cyanose (si la peau de l'individu devient bleutée, ndlr), il faut arrêter le geste." 

Justine Chevalier