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Chirurgien pédophile de Jonzac: Marie, l'une des 184 victimes qui ont porté plainte, se confie à BFMTV

Marie, une des 250 victimes potentielles du chirurgien pédophile de Jonzac, s'est confiée à BFMTV ce mardi. La jeune femme d'aujourd'hui 33 ans aurait été violée dans une clinique de Vannes lorsqu'elle avait 10 ans.

Une jeune femme de 33 ans, qui figure parmi les "250 victimes potentielles" du chirurgien pédophile de Jonzac décomptées par la justice, a décidé de prendre la parole. Sur BFMTV, cette mère de famille vivant dans le Morbihan raconte ce mardi avoir été contactée par la justice en août dernier car son nom figurait sur les carnets que tenait le médecin. Selon les écrits, Marie* a été violée lorsqu'elle avait 10 ans par le chirurgien lors d'une visite post-opératoire à la clinique de Vannes, après une opération de l'appendicite.

Joël Le Scouarnec, chirurgien à la retraite, est soupçonné de viols et d'agressions sexuelles sur des patients mineurs pendant près de 30 ans. "250 victimes potentielles" ont été identifiés par la justice, et le prévenu ne reconnaît que partiellement les faits. Au total, 184 personnes ont porté plainte.

"À la lecture des carnets, j'ai été écoeurée"

Marie se souvient tout d'abord de ce jour d'août dernier où les gendarmes sont entrés en contact avec elle, afin de l'interroger sur une hospitalisation vieille de 23 ans.

"On me demande si j'ai des souvenirs d'un séjour hospitalier. Forcément je réponds que 'oui', on me demande de confirmer mon adresse, mon identité. Et en fait tout correspondait à ce qui était noté dans les archives du carnet", raconte la jeune femme.  "Et là on vous dit que vous faites partie de 250 victimes de viol et d'agression. C'est un truc impensable, qu'il y ait une telle enquête sur un violeur pédophile, et que mon nom figure sur la liste des victimes, j'ai tout de suite fait le lien avec des problèmes intimes que j'ai depuis des années", poursuit-elle.

Marie raconte avoir été "écoeurée à la lecture des carnets" que tenait le chirurgien de Jonzac. "Écoeurée par ce qui avait été écrit, même les sentiments qu'il a pu avoir. Parce que dans le carnet il décrit bien ses sentiments, ses sensations. C'est à vomir", répète la jeune femme à plusieurs reprises. 

"Une confrontation ne me fait pas peur"

"La nuit qui a suivi cette audition, j'ai des souvenirs qui me sont revenus. J'ai même des sensations qui me sont revenues. Des choses claires. Pour moi, c'est plus un morceau de puzzle qui manquait à ma vie, c'est un début de compréhension. J'ai une version plus claire de ce qui m'était arrivé donc oui aujourd'hui je peux confirmer ce qui m'est arrivé". "Psychologiquement, il y a 23 ans quand c'est arrivé, pour moi c'était une simple auscultation, une auscultation un peu particulière parce que maintenant j'ai le souvenir de la douleur qui est sortie de ça. Mais voilà, dans ma tête c'était normal, c'était un médecin, je n'avais pas à avoir peur", poursuit cette mère de famille.

"J'étais une petite fille de 10 ans, aujourd'hui je suis une femme, je suis une mère", affirme-t-elle. "Une confrontation ne me fait pas peur. Je ne veux pas être intimidée, lui donner raison de ce qu'il a fait et j'attends avec impatience ce premier jugement".

Les enquêteurs tentent de déterminer si ces carnets décrivent des agressions sexuelles ou viols qui se sont effectivement produits, ou s'il s'agit de simples "fantasmes", comme le martèle l'avocat du chirurgien dans le volet charentais, Thibaut Kurzawa.

Justine Chevalier avec Jeanne Bulant