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Chemise arrachée du DRH d'Air France: 5 salariés comparaissent à Bobigny

Le 5 octobre dernier, le DRH d'Air France a dû escaladé une grille pour échapper aux manifestants.

Le 5 octobre dernier, le DRH d'Air France a dû escaladé une grille pour échapper aux manifestants. - Kenzo Tribouillard - AFP

Cinq salariés de la compagnie aérienne sont convoqués ce mercredi devant le tribunal de grande instance de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Outre l'aspect judiciaire dans cette affaire de la "chemise arrachée", leur syndicat, la CGT, ainsi que des personnalités politiques ont appelé à un rassemblement, autorisé par la préfecture.

Près de deux mois après les faits, cinq salariés d'Air France, tous adhérents à la CGT, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres d'Air France, à l'issue d'un comité central d'entreprise en octobre dernier. Il s'agira d'une audience de fixation. Cette étape va permettre de savoir si l'affaire est jugeable en l'état et à quelle date le procès se tiendra. 

En parallèle de cette audience qui se tiendra à partir de 13 heures, une large intersyndicale a appelé l'ensemble des salariés de la compagnie aérienne à une mobilisation générale dès midi devant le tribunal de Bobigny notamment pour réclamer "le retrait des plaintes" et "l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires", comme l'indique le communiqué commun aux 13 syndicats. 

Rassemblement autorisé par la préfecture

Outre les salariés, des personnalités politiques ont indiqué qu'elles participeraient à ce rassemblement. C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon, dont l'entourage a confirmé à BFMTV.com sa présence à Bobigny. Mais alors que l'état d'urgence a été prolongé de trois mois à compter du 26 novembre, cette manifestation de soutien a été autorisé par les autorités. "La préfecture de la Seine-Saint-Denis a décidé de délivrer un récépissé aux organisateurs ayant déclaré le rassemblement", indique-t-on mardi soir.

L'image du 5 octobre dernier avait frappé les esprits. Ce jour-là, Xavier Broseta, l'un des DRH d'Air France, ressort la chemise arrachée d'un comité central d'entreprise organisé dans le cadre d'un plan de restructuration de la compagnie aérienne qui implique la suppression de 2.900 postes. Pour échapper aux manifestants, il devra escalader une grille aidé par des vigiles.

Quatre salariés licenciés

Dix plaintes avaient été déposées auprès du parquet de Bobigny. Neuf portaient sur des "violences" et une autre déposée par Air France pour "dégradations". En parallèle à la procédure judiciaire, l'entreprise avait également lancé des procédures disciplinaires.

Le 12 novembre, quatre salariés ont été licenciés pour faute lourde. Une cinquième personne, un représentant du personnel, fait l'objet d'une procédure de licenciement spécifique en raison de son statut. Onze autres personnes ont également été mises à pied pour 15 jours.

En soutien, une caisse solidarité a été mise en place par la CGT et a permis de récolter près de 46.000 euros pour les prévenus, mis à pied et sans solde depuis le 12 octobre. Deux syndicats minoritaires de pilotes à Air France, le Spaf (21%) et Alter (non représentatif), ont quant à eux appelé à la grève mercredi et jeudi. Au sol, la CGT, FO et SUD aérien appellent eux aussi à "une journée morte".

Justine Chevalier