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Le DRH d’Air France: "quelqu’un m’attrape par derrière, ma chemise y reste"

Le 5 octobre, Xavier Broseta le DRH d'Air France avait été violemment bousculé après le Comité central d'entreprise.

Le 5 octobre, Xavier Broseta le DRH d'Air France avait été violemment bousculé après le Comité central d'entreprise. - Eric Piermont - AFP

Trois semaines après le comité central d’entreprise houleux d’Air France, Xavier Broseta raconte comment il a vécu cette journée. Le DRH de la compagnie aérienne, chemise déchirée, avait été la cible d’une foule très en colère.

L’image a circulé dans le monde entier. Xavier Broseta, la chemise en lambeaux fuyant par-dessus une grille le comité central d’entreprise d’Air France. Trois semaines après l'agression dont il a été victime, le DRH d’Air France a repris le travail et revient sur l’incident dans les colonnes du Parisien.

Xavier Broseta raconte que ce jour-là, tout est allé très vite. En pleine réunion avec les syndicats, il reçoit l’instruction d’évacuer. La foule de manifestants menace d’envahir le bâtiment. "Il faut sortir, on ne peut plus garantir votre sécurité", lui dit un responsable de la CGT. "Tout est confus", rapporte-t-il. Alors qu’il est dans la foule, il est aidé par des responsables syndicaux qui tentent de lui ouvrir un passage. Mais "c’est la cohue. Ma veste se déchire, je la prends dans mes bras avec mes affaires. Nous sommes poursuivis", se souvient Xavier Broseta.

"A un moment, quelqu’un m’attrape par derrière, tire le col de ma chemise, si fort que le bouton du col lâche. On me tire fort vers l’arrière, et moi, je tire fort pour me dégager. Les boutons sautent, ma chemise y reste".

"J'ai été le visage de la France"

Aidé par des gardes du corps il réussit à escalader le grillage, une clôture de 2,5 mètres de haut. "Quand j’arrive au pied, je me dis : "putain, c’est haut" (…) Ensuite j’ai souvenir d’avoir dû faire un effort très violent au niveau des bras pour réussir à me hisser et enjamber la grille".

Le DRH d’Air France, assure ne pas avoir eu peur pour sa vie, mais comprend instantanément que l’image va laisser "des traces".

Ce jour-là, "j’ai été le visage de la France, mais quel visage… Jamais je n’aurais pensé que cela m’arriverait. Personnellement, c’est sûr, c’est compliqué", reconnaît-il.

Le DRH, défenseur du syndicalisme

Après l’incident, Xavier Broseta a reçu beaucoup de messages de soutien, "plus de 1.000 venant des quatre coins du monde". Des soutiens reçus également de responsables syndicaux. Xavier Broseta cite un le SMS d’un responsable CGT qui l’a "touché".

Le DRH, "l’archétype du fils d’enseignants qui a bien réussi à l’école" s’emploie d’ailleurs à appuyer le rôle des syndicats. "Je suis et reste convaincu que les syndicalistes sont de grands bienfaiteurs de l’humanité", explique-t-il. Ferme, Xavier Broseta estime que "certaines formes de violence n’ont pas leur place dans une négociation" mais n’est pas "dans un esprit de vengeance". Selon le DRH, 18 salariés sont actuellement concernés par des procédureS de sanction, 12 pour des dégradations de matériel et 6 pour des agressions physiques. A ce stade de l'enquête, cinq personnes ont été mises en examen

Xavier Broseta entend de son côté poursuivre le dialogue social et propose aux pilotes la mise en place de trois contrats de travail. Il veut qu'Air France "reparte de l'avant" et laisse cette journée derrière lui. Le DRH n'est d'ailleurs pas certain de vouloir voir ces images, relayées partout dans le monde, "On m'a dit qu'elles étaient violentes". Celui qui, depuis quelques jours seulement, surfe de nouveau sur internet, craint d'y voir "cet homme qui courait, torse nu en cravate". 
C. B