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Charge au chariot élévateur contre un ministère: 4 gilets jaunes seront jugés mercredi à Paris

Quatre gilets jaunes seront jugés mercredi à Paris pour avoir forcé en janvier dernier, avec un chariot élévateur, l’entrée du ministère de Benjamin Griveaux, à l'époque porte-parole du gouvernement. Au micro de Grand Angle pour BFMTV, un proche revient sur les événements du 5 janvier dernier et évoque une "euphorie collective".

Après un renvoi en mars, quatre gilets jaunes seront jugés à Paris ce mercredi pour vol et dégradation en réunion après avoir forcé avec un chariot élévateur l’entrée du ministère de Benjamin Griveaux, à l'époque porte-parole du gouvernement. Un proche de celui qui a conduit l'engin est revenu sur les faits qui se sont déroulés le 5 janvier dernier auprès de l'émission Grand Angle pour BFMTV.

"On suit le cortège sans savoir"

Lors de la 8ème journée de mobilisation des gilets jaunes, une quinzaine d’individus, certains vêtus de noir, d’autres du traditionnel gilet fluorescent se sont rassemblés à proximité du ministère du secrétaire d’État auprès du Premier ministre.

"Nous on suit le cortège sans savoir. Nous ne sommes pas Parisiens, on se retrouve dans des rues que l'on ne connaît pas du tout, où il y a deux chariots élévateurs", raconte Jules, un ami de l'un des prévenus. "Là, un groupe de gens monte sur le chariot élévateur et s'en va avec", se souvient-il, précisant que les clés se trouvaient sous le tapis de sol.

Euphorie collective

Au volant du fenwick, son ami, Romain, 23 ans, ouvrier dans une entreprise de tuyauterie originaire du Nord, s'engage dans la rue de Grenelle, sous les encouragements de la foule:

"On est en manif, ça bouge, il y a beaucoup de jeunes. Il y a une euphorie collective", explique-t-il.

En mars, son avocat Manuel Abitbol nous avait affirmé que son client reconnaissait les faits mais ne savait pas que le bâtiment était un ministère: "Un gilet jaune a désigné la porte en agitant un gilet et il a foncé dessus", avait-il déclaré. Jules, un proche du conducteur, explique que celui-ci "regrette de s'être laissé emporté", car "l'objectif n'était pas de renverser la République ou de défoncer un ministère, parce qu'il ne s'avait même pas que c'était un ministère", confie-t-il.

Aux alentours de 16 heures ce jour-là, le chariot percute donc la porte du ministère puis fonce, visiblement volontairement, dans les vitrines d'une banque. Devant le bâtiment ministériel ne se trouve alors aucune force de l'ordre, alors que celui-ci a déjà été victime d'une intrusion de gilets jaunes, un mois auparavant. Seule protection en ce jour de manifestation: le portail en bois a été renforcé le matin-même par une barre métallique.

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Une attaque contre "la maison de France"

Rapidement évacué avec ses collaborateurs, Benjamin Griveaux avait dénoncé une attaque contre “la maison de France”. Interviewé par les équipes de BFMTV pour l'émission Grand Angle "les secrets d'une attaque", l'ancien porte-parole du gouvernement se souvient: 

"Vous ne savez pas vraiment ce qui se passe dans votre ministère, ni de qui on parle, quelles sont leurs intentions (...) Ils ont réussi à faire sauter la porte, ils sont rentrés", raconte Benjamin Griveaux, qui se souvient aussi "être sorti par l'arrière du bâtiment, par le jardin puis par la sortie de secours. Tout ça se passe en deux minutes, ça va très vite".
Il sera finalement exfiltré jusqu'à Matignon, à 100 mètres de là. “Ce n'est pas moi qui ai été attaqué, c'est la République”, déclarera-t-il finalement devant les médias.

Pendant l'exfiltration du ministre, des gilets jaunes pénètrent dans la cour d'entrée du bâtiment, brisent les vitres de deux voitures et du poste de sécurité et repartent avant que les forces de l'ordre n'aient le temps d'intervenir.

Une enquête est alors ouverte et en recoupant les images de vidéosurveillance, les empreintes et les vidéos partagées sur les réseaux sociaux, les forces de l'ordre identifieront Romain et trois autres personnes. Une mère de famille de 47 ans, un Francilien sans profession de 22 ans, ainsi qu'un ouvrier des Yvelines de 35 ans.

Interviewé par BFMTV à la veille du procès, l'avocat de ce prévenu a dit craindre "une condamnation pour l'exemple". D'autant que les quatre prévenus n’ont jamais été condamnés pour violences ou dégradations. Certains sont en revanche connus de la justice pour des délits routiers ou des affaires de stupéfiants. Ils encourent 10 ans de prison et jusqu’à 150.000 euros d’amende.

Reportage complet à découvrir ce mardi soir à 22h40 dans "Grand angle", sur BFMTV.

Esther Paolini avec AFP