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"Ces enfants n'ont pas à dormir à la rue": Wargon justifie le relogement de la famille de squatteurs de Théoule-sur-Mer

La ministre déléguée en charge du Logement a expliqué sur BFMTV pourquoi la famille de squatteurs mise en cause à Théoule-sur-Mer a été relogée.

A l'occasion de l'amendement sur la simplification de l'action publique qui sera discuté mercredi à l'Assemblée Nationale, la ministre déléguée en charge du Logement Emmanuelle Wargon est revenue ce mercredi sur les suites de l'affaire de la villa squattée à Théoule-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes.

La mère et ses enfants relogés

"Il n'y a pas eu d'accompagnement", s'est défendue la ministre sur BFMTV, répondant aux différentes interrogations concernant le relogement de cette famille qui avait squatté une maison sur la Côte d'Azur pendant trois semaines.

"Décider que l'on va aller habiter chez quelqu'un, cela n'est pas la solution au mal-logement.

"On a mis un toit au dessus de cette femme enceinte et de ses deux enfants en bas-âge dans un centre d'hébergement d'urgence", s'est justifiée Emmanuelle Wargon, rappellant que c'était le rôle de l'Etat d'aider "ceux qui sont mal-logés". "Ce n'est pas un relogement, mais ces enfants ne sont responsables de rien et n'ont pas à dormir à la rue."

Cette mère de famille et son compagnon avait loué cette résidence à un tiers cet été, sans savoir que le logement était habité, selon leurs dires. Ils y ont séjourné trois semaines avant qu'une violente altercation n'éclate début septembre entre les deux conjoints, causant l'interpellation du père, et le départ de la mère et de ses deux enfants. Le conjoint avait été placé en garde à vue pour "violences conjugales". Concernant la location, le couple a toujours assuré avoir été dupé.

En parallèle, les propriétaires de la villa, un couple de retraités originaires de Lyon, ont mené une bataille juridique et médiatique, afin de reprendre possession de leur résidence secondaire.

Un amendement discuté à l'Assemblée nationale

Mercredi après-midi, un amendement pour lutter contre les squatteurs, soutenu par Emmanuel Wargon, sera discuté à l'Assemblée nationale. Dans les faits, la mesure vise à faciliter l'expulsion des squatteurs en transférant cette procédure au préfet, et non plus au juge. Ce changement juridique permettrait d'accélérer les échéances de procédures, qui sont aujourd'hui très longues.

"Quand la loi protège l'agresseur au détriment de la victime, c'est qu'il faut changer la loi", a estimé la ministre déléguée en charge du Logement.

Jusqu'à présent, tout squatteur pouvait encourir un an de prison et 15.000 euros d'amende, quand un propriétaire risquait 3 ans de prison et 30 000 euros d'amendes, s'il voulait expulser lui-même les squatteurs.

Corentin Nicolas