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Ces chiens qui ont permis de retrouver le corps de Maëlys

Un gendarme de la brigade cynophile et son chien participent aux recherches lors de disparitions de jeunes hommes à Lille le 22 février 2011 (photo d'illustration)

Un gendarme de la brigade cynophile et son chien participent aux recherches lors de disparitions de jeunes hommes à Lille le 22 février 2011 (photo d'illustration) - Philippe Huguen-AFP

Les chiens du groupe national d'investigation cynophile ont retrouvé mercredi et jeudi les restes du corps de Maëlys. Une brigade d'élite.

Après la découverte la veille de premiers ossements de Maëlys, les enquêteurs ont retrouvé jeudi la "quasi-totalité" des restes de la fillette disparue et certains de ses effets. La gendarmerie a mobilisé d'importants moyens: un laboratoire mobile et une vingtaine d'experts de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) ainsi que des chiens spécialisés dans la recherche de corps.

Cette brigade cynophile est particulièrement réputée: il lui arrive de participer à des recherches de charniers à l'étranger, sollicitée par la Cour pénale internationale. Elle peut également être mobilisée pour intervenir lors de catastrophes naturelles, comme lors du tsunami qui avait eu lieu en Asie en 2003, rapporte Le Parisien. Ces chiens sont également capables de retrouver des traces de sang.

Des chiens de races différentes

Le groupe national d'investigation cynophile (GNIC), créé en 2002 et basé à Gramat dans le Lot, se compose de 9 chiens spécialisés dans la recherches de restes humains, selon un document de la gendarmerie. Des canidés de races différentes mais qui ont tous pour particularité d'être "sociales et joueurs", critères prioritaires lors de leur sélection.

"Nous ne sommes pas fixés sur une race en particulier. Nous avons eu des bergers malinois, des bergers allemands mais le Springer spaniel se révèle être excellent pour ces missions délicates", explique au quotidien Michaël Jouniaux, le numéro deux du GNIC.

"Capables de travailler dans des ronciers, en montagne"

Le plus important dans le choix de ces animaux: leurs capacités à travailler dans des conditions difficiles, comme cela a été le cas pour retrouver le corps de Maëlys. "Nous choisissons des chiens capables de travailler dans des ronciers, en broussailles, en forêt, en montagne ou sur des terrains pentus. Le principal critère est d'avoir une excellente condition physique pour ces chiens", ajoute Michaël Jouniaux.

Le corps de la fillette a été retrouvé dans une zone reculée, montagneuse et particulièrement difficile d'accès, un ravin dans les gorges escarpées de Chailles, près du village de Saint-Franc, en Savoie. Sans compter que les recherches se sont déroulées dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles alors qu'une importante couche de neige recouvrait le sol.

"C'est un métier de haute technicité"

Michaël Jouniaux précise que la formation de ces chiens est spécifique mais qu'ils sont dressés à retrouver des corps par le jeu. "Il n'y a que la matière qui change. On cache leur jouet dans toutes les conditions extérieures: les décharges, la montagne, les forêts, les endroits les plus inimaginables et on renouvelle les paramètres le plus souvent possible."

De même pour le maître-chien, le travail est particulièrement technique. "C'est un métier de haute technicité et on confie ces chiens à des maîtres déjà très expérimentés et sélectionnés. C'est notre bâton de maréchal."
Céline Hussonnois-Alaya