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Ce que l'on sait de l'enlèvement d'un Français au Mexique

Frédéric Michel, un ressortissant français, a été enlevé dimanche matin au Mexique, au cours d'une excursion à bord de véhicules tout-terrain dans le parc national situé au pied du volcan Nevado de Toluca, dans l'Etat de Mexico. Une demande de rançon a été formulée ce lundi contre l'enlèvement du Français.

Un ressortissant français, Frédéric Michel, a été enlevé dimanche matin au Mexique. Une information confirmée, ce lundi, par le Quai d'Orsay auprès de BFMTV. 

"Le centre de crise et de situation du ministère de l’Europe et des affaires étrangères ainsi que notre ambassade au Mexique sont mobilisés pour que notre compatriote soit retrouvé le plus rapidement possible, en relation étroite avec les autorités locales. Pour des raisons d’efficacité et de sécurité, nous conservons la plus grande discrétion dans ce type de situation", peut-on lire dans le communiqué.
  • Deux personnes enlevées

Dimanche matin, Frédéric Michel et un ressortissant mexicain, l'acteur Alejandro Sandi, ont été enlevés dans le parc national situé au pied du volcan Nevado de Toluca, dans l'Etat de Mexico, limitrophe de la capitale du pays, selon l'ambassade de France et des médias locaux.

Les deux hommes faisaient une excursion à bord de véhicules tout-terrain lorsqu'ils ont été interceptés par des malfaiteurs en armes, selon les quotidiens Reforma et El Universal. Ils ont été emmenés de force à bord de leurs propres véhicules. Selon la presse mexicaine, une femme, dont on connaît pas encore le rôle dans l'excursion, a été laissée libre.

Les autorités ont mis en place un dispositif pour quadriller la zone, qui fait partie de la municipalité de Zinacantepec, à l'ouest de Mexico, et tenter de retrouver ces deux personnes.

  • Une demande de rançon

Une demande de rançon a été transmise aux autorités mexicaines, a annoncé ce lundi le ministre de la Sécurité Alfonso Durazo.

"Il y a eu des contacts et on a demandé effectivement une rançon; Nous espérons très vite recevoir de bonnes nouvelles", a déclaré Alfonso Durazo à des journalistes après un événement public à Mexico.

"Les opérations de recherche sont en place. Le protocole habituel dans ce genre d'affaires a été activé", a-t-il précisé, exprimant le voeu d'être "proche d'un dénouement favorable".

  • Une enquête ouverte par le parquet de Paris

Une enquête pour "enlèvement et séquestration" a, par ailleurs, été ouverte lundi, a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. Elle a été confiée à l'office central pour la répression des violences aux personnes. L'ouverture d'une enquête en France est liée au fait que le parquet de Paris est compétent dès qu'un Français est victime d'un acte criminel à l'étranger. Le Quai d'Orsay a également ouvert une cellule de crise.

  • Un expatrié français

Peu de choses ont filtré sur le profil de la personne enlevée, le Quai d'Orsay demandant d'agir avec la plus grande discrétion. Selon nos informations, il s'agirait d'un expatrié français qui vit sur place avec sa famille depuis cinq ans. 

  • Un pays touristique avec des zones déconseillées

Le Mexique est un pays touristique avec, cependant, des zones rouges qui sont formellement déconseillées sur le site du Quai d'Orsay. Il est ainsi formellement déconseillé de se rendre dans l’Etat du Tamaulipas, l’Etat de Guerrero (seules les stations balnéaires d’Ixtapa-Zihuatanejo ne présentent pas le même niveau de dangerosité, à la condition expresse de s’y rendre par la voie aérienne), le sud de l’Etat de Michoacán (depuis la ville d’Uruapán et jusqu’à la côte), l’Etat de Veracruz, la ville de Martinez de la Torre et ses environs, l’Etat de la Basse-Californie du Nord, la ville de Tijuana.

"Une vigilance particulière doit être observée dans toutes les zones touristiques et balnéaires, qui sont affectées de manière récurrente par la petite délinquance et de plus en plus par des éléments du crime organisé", peut-on lire sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Entre janvier et octobre de cette année, 1.690 personnes ont été enlevées au Mexique, un chiffre en hausse de 37,7% par rapport à la même période de 2018, selon les chiffres de l'association mexicaine Alto Al Secuestro. Cela correspond à une moyenne de cinq enlèvements par jour sur la période considérée.

Depuis que les autorités ont commencé en 1997 à tenir des statistiques officielles de la criminalité, 2019 semble devoir être l'année la plus violente au Mexique. Elle pourrait bien dépasser le record de 33.743 homicides enregistrés en 2018.

Clément Boutin avec AFP