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Carlos rejugé en appel pour quatre attentats

Le terroriste vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, lors d'une audience le 15 décembre 2011

Le terroriste vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, lors d'une audience le 15 décembre 2011 - -

Le terroriste Carlos revient, lundi devant la justice française, contester en appel la sentence de son dernier procès pour quatre attentats commis il y a trente ans.

Condamné deux fois à la réclusion à perpétuité, Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, n'a plus grand-chose à perdre. Le symbole du terrorisme des années 70 et 80 revient lundi devant la justice française contester la sentence de son dernier procès pour quatre attentats commis il y a trente ans.

A 63 ans, le Vénézuélien affichera pour ce procès en appel vingt années de prison au compteur depuis son interpellation au Soudan en 1994. Son horizon n'est guère plus ouvert: il a écopé à Paris en 1997 d'une peine définitive de réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre en 1975 dans la capitale de trois hommes dont deux policiers.

En décembre 2011, la justice française l'a à nouveau condamné à la perpétuité assortie de 18 ans de sûreté, peine maximale, pour quatre attentats commis en France en 1982 et 1983 qui ont fait 11 morts et près de 150 blessés.

Procès prévu jusqu'au 26 juin

C'est contre ce verdict que Carlos a fait appel. Il sera rejugé devant la cour d'assises spéciale d'appel de Paris, composée uniquement de magistrats professionnels, lors d'un procès prévu jusqu'au 26 juin.

Pour ce nouveau procès, le Vénézuélien est accusé d'avoir orchestré une campagne d'attentats afin d'obtenir la libération de deux membres de son groupe arrêtés à Paris en février 1982.

Un mois plus tard, le 29 mars, une bombe explosait dans un train Paris-Toulouse, faisant 5 morts, puis le 22 avril, l'explosion d'une voiture piégée devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris, tuait une personne. Deux autres attentats sont intervenus, le 31 décembre 1983 à Marseille, gare Saint-Charles (deux morts), et contre un TGV Marseille-Paris, à Tain-L'Hermitage (trois morts).

Relations tendues avec le Venezuela

S'il peut donc difficilement compter sur une libération à court ou moyen terme, Carlos n'a jamais caché son espoir d'obtenir un transfèrement vers le Venezuela, où vivent notamment ses frères qui le soutiennent. Fin 2011 encore, le président du Venezuela, Hugo Chavez, qualifiait Ilich Ramirez Sanchez de "digne héritier des plus grandes luttes" pour les peuples.

Le successeur de Chavez, Nicolas Maduro, a été élu en avril et les relations avec les autorités vénézuéliennes se sont tendues. A quelques jours du procès, Carlos dénonce même, par la voix de l'un de ses avocats, Francis Vuillemin, le "sabotage" de sa défense par une partie des responsables de son pays d'origine qui refuseraient d'en assurer les frais.

"Ce qu'on va faire le premier jour du procès, je ne sais pas, seul Carlos le sait", a mis en garde Me Vuillemin.