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Carlos: le procès se poursuit sans accusé ni avocats

Le terroriste vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, lors d'une audience le 15 décembre 2011.

Le terroriste vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, lors d'une audience le 15 décembre 2011. - -

Au premier jour de son procès pour quatre attentats, le terroriste vénézuélien avait congédié sa défense. Mardi, ses avocats commis d'office se sont à leur tour désistés. Conséquence: Carlos a décidé lui-même de ne plus venir.

Dans la salle d'audience de la cour d'appel de Paris, le box de l'accusé était vide. Le procès du terroriste vénézuélien Carlos, jugé depuis deux semaines pour quatre attentats, s'est poursuivi mardi sans lui, ni ses avocats commis d'office qui ne souhaitent plus le défendre.

"Nous ne voulions pas faire semblant d'être avocats", s'est justifié Me Sanjay Mirabeau, l'un des trois jeunes avocats, sur ce désistement. "Nous mettons les magistrats face à leurs contradictions."

Retour lundi 13 mai, au premier jour d'audience. Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, avait "interdit" à ses avocats attitrés de le défendre pour protester contre le manque de soutien de son pays d'origine, le Venezuela, qui refusait de prendre en charge l'énorme coût de sa défense. Pour Carlos, il s'agissait d'un "sabotage" du nouveau gouvernement après la mort de l'ancien président Hugo Chavez, qui lui assurait son soutien.

Défendre au pied levé un dossier de 82 tomes

Trois jeunes avocats avaient alors été commis d'office pour défendre l'accusé de 64 ans, les obligeant à se plonger au pied levé dans une procédure de 82 tomes.

A deux reprises, ils avaient demandé un report du procès d'une à deux semaines pour étudier le dossier. Sans succès. Mardi, ils ont donc estimé qu'ils n'étaient pas en mesure d'assurer une défense pertinente de l'accusé, et ont purement et simplement décidé de quitter les débats.

"Nous sommes là pour porter la contradiction, on nous la refuse. C'est contraire à la déontologie de l'avocat, du magistrat, au code de procédure pénale et à la République", a fustigé Me Mirabeau.

Carlos quitte à son tour la salle

Suite à la décision de ses avocats, Carlos a alors fait part de son souhait de ne plus assister au procès et a été conduit hors de la salle d'audience. Les débats se sont donc poursuivis sans lui, puisque le code de procédure pénale prévoit qu'une audience peut se poursuivre en l'absence de l'accusé si celle-ci est de son fait.


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M. T. avec AFP