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CAN 2019: les supporters des "Fennecs" laissent éclater leur joie après la victoire de l'Algérie

Des dizaines de milliers de supporters algériens ont déferlé vendredi soir dans les rues de France dans une ambiance festive, malgré quelques incidents à Paris ou Lyon notamment. Au niveau national, la police a procédé à 198 interpellations et 177 placements en garde à vue, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

La joie et les festivités ont marqué la victoire de l’Algérie à la finale de la CAN 2019, vendredi soir. Des dizaines de milliers de supporters des "Fennecs" algériens ont déferlé dans les rues, de Marseille à Lille. A Marseille, dès le coup de sifflet final, une marée humaine a commencé à descendre la Canebière vers le Vieux-Port, qui - feu d'artifice du 14 juillet oblige - avait été interdit aux supporters algériens lors de la demi-finale remportée face au Nigeria. Marseille semble emportée par la folie, au bruit des moteurs de motos et de scooters, des pétards et des klaxons, noyée sous les fumigènes, "craqués" par dizaines.

Brefs accrochages

Au plus fort de la soirée, la préfecture de police évaluait à 25.000 le nombre de fans des "Fennecs" dans le centre de la ville. Vers 01h30, le rassemblement était en cours de dissolution autour du Vieux-Port et de la Canebière, sans incident majeur. A quelques centaines de kilomètres, les mêmes scènes se sont répétées à Lyon. Le coup de sifflet final, dans le quartier de la Guillotière, entraîne un déchaînement de youyous, pétards, feux d'artifice et fumigènes.

"Je suis heureuse, le coeur, il bat vite. C'était pas inespéré, on était sûr de gagner", se réjouit Ariane, drapée dans son drapeau algérien.

Dans le centre-ville de Lyon, un bref accrochage a opposé supporters de l'Algérie et forces de l'ordre, visées par des projectiles sur le pont de la Guillotière. Les assaillants ont été rapidement dispersés après quelques jets de grenades lacrymogènes. Les forces de l'ordre ont ensuite reculé, laissant les supporters en liesse manifester leur joie à coups de fumigènes et feux d'artifice sur les quais de la Presqu'île, provoquant des embouteillages alentour.

102 interpellations à Paris

Sur les Champs-Elysées à Paris, dès la fin du match, des grappes de supporters débarquent aussi soudainement que le but qui a assommé les Sénégalais dès les premières minutes du match. Devant la bouche de métro, Bianca, Imene et Farrah ont regardé tout le match sur leur portable, déjà positionnées pour faire la fête. "On avait confiance en nos joueurs !" s'exclame Bianca, 20 ans: "On a gagné. J'aime mon pays, oualah, c'est magnifique !".

Vers 01h00, la situation s'est quelque peu tendue sur les Champs-Élysées, avec de premiers tirs de gaz lacrymogène de la part des forces de l'ordre dans le haut de l'avenue où était toujours massée une foule très dense. Au total, 102 personnes ont été interpellées dans la capitale et 86 individus ont été placés en garde à vue, notamment pour jets de projectiles. La préfecture a par ailleurs effectué 161 verbalisations pour infraction au code de la route, en partie, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Ailleurs, à Metz, Strasbourg, Toulouse ou Lille, la joie a été similaire et des milliers d'autres fans des "Fennecs" ont célébré la victoire. Au niveau national, la police a procédé à 198 interpellations et 177 placements en garde à vue.

"Il y a toujours quelques cons"

Cet après-match inquiétait les autorités, après les incidents qui ont émaillé la liesse des supporters lors des victoires algériennes en quart puis en demi-finale, à Montpellier notamment, avec la mort d'une mère de famille renversée par un chauffard. A Saint-Etienne, pendant la mi-temps, Sofiane, une trentaine d'années, maillot de l'équipe d'Algérie sur les épaules, invitait les médias à "ne pas grossir les petits incidents" qui pourraient émailler la soirée.

"Il y a malheureusement toujours quelques jeunes qui font les cons. Et quand ça arrive, ils nous font honte", regrette-t-il.

"Nous, on n'a pas demandé à naître en France. Et même si on vit ici, l'Algérie c'est notre 2e pays. Donc c'est normal qu'on fasse la fête quand elle gagne une grande compétition. Quand la France remporte la Coupe du monde, on fait aussi la fête", conclut-il.

Ambre Lepoivre avec AFP