BFMTV

Blocage des prisons: des avocats se rassemblent pour dénoncer des conditions de détention "intolérables"

Les avocats se sont réunis devant le Palais de Justice de Paris

Les avocats se sont réunis devant le Palais de Justice de Paris - JACQUES DEMARTHON / AFP

Plusieurs dizaines d'avocats se sont réunis à Paris pour alerter sur les conditions de détention de leurs clients auxquels ils n'ont plus accès depuis le début du mouvement de blocage des prisons.

Quelque 80 avocats se sont symboliquement réunis ce vendredi sur les marches du Palais de justice de Paris pour dénoncer des conditions "intolérables" de détention de leurs clients causées par le mouvement de blocage des prisons.

Les avocats, en robe, se sont regroupés autour de la bâtonnière de Paris Marie-Aimée Peyron et du grand pénaliste Henri Leclerc pour dire leur inquiétude au douzième jour de blocage des prisons, le plus important mouvement social de surveillants depuis un quart de siècle.

"Il n'est plus possible d'avoir accès à nos clients en prison"

"Nous dénonçons le fait qu'aujourd'hui il n'est plus possible d'avoir accès à nos clients en prison, même si encore une fois nous sommes solidaires du personnel de l'Administration pénitentiaire, nous parlons sur ce point d'une seule voix pour dénoncer les conditions de détention des détenus", a déclaré la bâtonnière.

"Le cours de la justice est totalement entravé: nous ne pouvons plus voir nos clients avant qu'ils soient entendus, (...) ils n'ont plus de parloir famille pour la plupart", a expliqué le vice-bâtonnier Basile Ader. "Il faut mettre un terme à une situation intolérable, a renchéri Me Leclerc. Nous ne pouvons pas accepter que ceux que nous défendons soient traités comme ils le sont et que les droits de la défense soient réduits dans des conditions qui sont graves".

"Prises d'otages"

L'avocate Delphine Boesel, également présidente de l'Observatoire international des prisons (OIP, une ONG française de défense des droits des détenus), a craint de voir le mouvement de blocage "générer plus de tensions" en détention, où l'accès aux douches, au parloir ou la promenade sont restreints. "Le mouvement, s'il peut être compris, nous met dans des situations de prises d'otages", a-t-elle souligné.

Mercredi, un détenu du centre de Moulins-Yzeure (Allier) avait saisi la justice d'un premier recours pour dénoncer les conséquences des blocages de surveillants sur ses conditions d'incarcération. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté vendredi ce recours, considérant qu'il n'avait subi aucun "traitement inhumain et dégradant", les douches et promenades ayant pu être assurées certains jours depuis le début du conflit.

Ce vendredi, l'UFAP-UNSA, syndicat majoritaire des surveillants de prison, a annoncé qu'il signerait le projet d'accord du gouvernement. Une décision qui pourrait mettre fin au mouvement social.

P.L avec AFP