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Blanchiment d'argent : le point sur l'enquête

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Trois frères sont à la tête du vaste réseau qui aurait généré près de 40 millions d’euros pour huit tonnes de cannabis, en un peu plus de sept mois.

L'enquête sur le vaste réseau franco-suisse de blanchiment d'argent de la drogue, démantelé cette semaine, a conduit à la mise en examen de 19 personnes dont neuf sont actuellement incarcérées. Vendredi ce sont 1,3 million d’euros, des montres de luxe, des lingots d’or et des œuvres d’art qui ont été saisis, mettant en lumière une organisation d’envergure.

Retour sur les mis en cause dans ce vaste réseau qui aurait généré près de 40 millions d’euros pour huit tonnes de cannabis, en un peu plus de sept mois.

>> Lire notre dossier spécial sur l'affaire de blanchiment

Trois frères au coeur du processus

La fratrie d’origine marocaine a été mise en examen et écrouée, l'un à Paris, les deux autres en Suisse.

Deux d'entre eux travaillent dans les milieux financiers de Genève et auraient créé GPF S.A.,une société, présidée par l’aîné Meyer Elmaleh. Elle proposait un arrangement aux exilés fiscaux pour rapatrier l’argent contre une taxation de 8%.

Les enquêteurs disposeraient notamment de "retranscriptions de conversations téléphoniques codées". Le parquet de Paris parle de "véritables professionnels de l'ingénierie financière" quand sur, France 2, le commissaire François Thierry, de l'Office central de répression du trafic de stupéfiants, a parlé de "voyous qui vivent comme des hommes d'affaires". La manne financière aurait été réinvestie majoritairement à l'étranger.

Leur frère, basé en région parisienne, serait vraisemblablement le collecteur central des sommes générées et l’organisateur du trafic de cannabis cultivé au Maroc, et acheminé puis écoulé en France via l’Espagne. Pour blanchir le magot, le plus jeune des frères, Mardoché Elmaleh aurait, selon le JDD, versé d'importantes sommes en espèces à des Parisiens, évadés fiscaux ou auteurs d'abus de biens sociaux, désireux de rapatrier en France, discrètement et en liquide, des sommes détenues sur des comptes suisses.


Les mis en cause à Paris

Parmi ces personnes mises en examen se trouve l’élue écologiste du XIIIe arrondissement de la capitale, Florence Lamblin.

Elle aurait reçu quelque 300.000 ou 400.000 euros en liquide par un intermédiaire "qu'elle ne connaissait pas", mais qui lui avait été recommandé par un proche. L'élue a ensuite "placé cette somme dans son coffre à la banque", où l'argent a été retrouvé par les enquêteurs.

Depuis samedi, son avocat, Me Boursican, ne cesse de répéter qu’il s’agit d’une méprise et que sa cliente "n'était pas coupable de blanchiment d'argent et qu'elle était "parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés". Lundi, il a réaffirmé qu’elle ne démissionnera pas de ses responsabilités politiques.

Qui sont les autres ?

L'anonymat, à l'exception de Florence Lamblin, est resté de rigueur pour les autres mis en examen. A plusieurs reprises des chefs d’entreprises, des avocats ou des professions libérales ont été évoqués. Il est en revanche certains que les personnes interpellées à Paris ont un profil "de délinquants en cols blancs" selon l'expression du parquet.

Une source de l’AFP estime de plus, sans pouvoir évaluer leur nombre, que tout n’est pas terminé : "Il est certain qu'il reste d'autres personnes, avec ce profil, à interpeller".

S.A. avec AFP