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Béziers: deux incendies dans un collège et une école, des policiers agressés 

Deux incendies ont ravagé deux établissements scolaires voisins à Béziers, dans l'Hérault, dans la nuit de jeudi à vendredi. Des membres des forces de l'ordre, appelés en renfort, ont essuyé jets de pierres et tirs de mortier.

La ville de Béziers (dans l'Hérault) a été le théâtre de "plusieurs dégradations par incendie volontaire", dans la nuit de jeudi à vendredi, ainsi que de "violences par jets de pierres et de pétards à l’encontre de policiers du commissariat et d’usagers de la route", a confirmé le parquet de Béziers dans la soirée de vendredi.

Une personne a été blessée, selon le parquet. Il s'agit d'un pompier qui a été percuté accidentellement par la chute d’une plaque lors de son intervention.

Le parquet de Béziers a décidé de saisir conjointement le service régional de police judiciaire (SRPJ) de Montpellier et le CSP de Béziers pour diligenter les investigations, a-t-on appris ce vendredi soir. Un expert judiciaire en incendies criminels a par ailleurs été requis: ce dernier s’est rendu sur place vendredi en début d’après-midi afin d'essayer d'identifier l'auteur des faits.

Selon le parquet, aucune interpellation n'a été réalisée dans la nuit de jeudi à vendredi. Un jeune homme de 15 ans a cependant été placé en garde à vue vendredi à 16 heures, car il est soupçonné d'avoir jeté des pierres sur des policiers de la BAC, à proximité de l'école incendiée ce vendredi après-midi.

Plusieurs départs de feu et jets de projectiles

Les faits se déroulent jeudi soir, vers 21h30. Plusieurs départs de feux sont signalés dans un immeuble désaffecté, du côté du square Vallerey de Béziers, ainsi que dans un garage abandonné du quartier de la Devèze. Une fois sur place, les policiers dépêchés "sont la cible de jets de pierre et de pétards", selon le parquet, qui ajoute néanmoins que ces premiers incendies sont éteints par les pompiers, sous la protection des forces de l'ordre.

Plusieurs sources font état d'un guet-apens tendu aux forces de l'ordre. À proximité, sur le coup de 22h30, un autre incendie se déclare. Il s’agit d’un départ de feu au collège Kraft. Les policiers de la BAC du commissariat de Béziers sont une nouvelle fois "tenus à distance par une petite trentaine d'individus aux visages dissimulés". Le groupe leur jette "des pierres, des pétards et des projectiles divers", rapporte le parquet ce vendredi soir. 

Selon cette même source, le groupe ne se disperse finalement qu'à l'arrivée de renforts de police. Le feu a alors eu le temps de se propager. "L’école les Tamaris a été gravement dégradée par l’incendie, plusieurs pièces et salles de cours étant totalement détruites", détaille le parquet. "Les fumées se sont propagées dans la quasi-totalité de l’établissement, provoquant le noircissement de l’ensemble des classes".

Il ajoute que les dégâts sont "moins importants" au niveau du collège Kraft, bien qu'il fasse état de "vitres cassées", d'"un début d’incendie dans la salle de sport et dans deux petites salles attenantes". 

Enfin, entre 22h30 et 23 heures, une vingtaine d'individus perturbent la circulation au niveau du rond-point Pierre Verdier dans un autre quartier de la ville. Cette fois, le groupe dépose "un cyclomoteur ainsi que des containers poubelle" sur la voie, avant d'y "mettre le feu tout en jetant des pierres de manière régulière sur les véhicules de passage". Le parquet indique que plusieurs de ces individus portent alors "des masques de type Halloween".

Le calme ne revient que vers 00h30 après l'arrivée en renfort d'une compagnie de CRS. Un sapeur-pompier est blessé lors de l’intervention. Les pompiers sont intervenus sur ce dernier incendies alors que le groupe avait déjà quitté les lieux, toujours selon le parquet. Il ajoute: "Au total, trois voitures, un cyclomoteur et plusieurs containers poubelle ont été incendiés dans la nuit dans différents quartiers de Béziers".

Celle-ci a mobilisé une quarantaine de forces de l'ordre, selon l'AFP, qui a également assisté à un point-presse effectué devant l'école par le maire d'extrême droite de la ville, Robert Ménard, et le sous-préfet Christian Pouget.

"Je suis abasourdi. Touché. Écœuré (...) C'est un symbole qui a été touché", a lancé l'élu avant d'appeler les parents le pouvant à garder les enfants concernés à la maison. "L'école sera sans aucun doute détruite", a quant à lui assuré le haut fonctionnaire. "Une enquête de police est en cours pour comprendre pourquoi il y a eu ce déchaînement de violence et ces incendies", a-t-il encore signalé. Pour le moment, aucune interpellation n'a pu être réalisée. 

Robert Ménard appelle à "sanctionner durement" 

Robert Ménard est intervenu sur notre antenne ce vendredi peu après 13 heures. "On ne peut pour l’instant montrer du doigt qui que ce soit sauf qu’on peut rappeler que ce n’est pas la première fois que des gens mettent le feu dans ce quartier. Ils ont par exemple mis quinze fois le feu à une aire de jeu. Une minorité pourrit la vie des gens du quartier, il faut les sanctionner durement et ne pas se contenter des mots", a-t-il dit, avant d'enchaîner: "Le seul endroit qui devrait être dévolu à un certain nombre de ces petits criminels - car ce n’est pas autre chose, c’est un crime de s’en prendre à une école - ce devrait être la prison."

Si le maire de Béziers a relativisé l'étendue des dégâts au sein du collège, il a a lui aussi affirmé qu'il faudrait reconstruire une autre école primaire. En attendant, des contraintes aussi pressantes que concrètes vont se poser. "Il n’y a pas que ces 15 classes de primaire. Dans ce même bâtiment, il y a deux autres classes de maternelle. Ce sont donc 17 classes, il faudra trouver où les installer. On aura donc une semaine pour le faire", a détaillé Robert Ménard. 

"Il s'agit de faits de violences graves que nous condamnons avec la plus grande force", a déclaré Jacques Witkowski, préfet de l'Hérault sur notre antenne ce vendredi après-midi. "C'est un quartier de politique prioritaire de la ville, donc c'est un quartier qui concentre des éléments de pauvreté. Il a pu par le passé faire parler de lui mais" il ne connaissait "pas d'agitation particulière ces derniers mois", a ajouté Jacques Witkowski.

Réactions au sein du gouvernement 

Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, relayant un tweet de la préfecture, a réagi ce vendredi matin:

"Incendier un établissement scolaire est une offense à la République. Avec Jean-Michel Blanquer, je condamne ces actes inacceptables. Ils ne peuvent rester impunis : tout est mis en œuvre pour que leurs auteurs en répondent devant la Justice. Gratitude à la police nationale de l'Hérault et au SDIS de l'Hérault."

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a lui aussi livré une déclaration sur le réseau social: "Je condamne avec force les exactions qui ont eu lieu à Béziers qui ont endommagé des classes d’école et de collège. En lien avec Christophe Castaner pour les suites fermes de ces événements. L’éducation nationale travaille dès maintenant avec les collectivités pour assurer la rentrée".

Robin Verner, Jeanne Bulant avec Mélanie Vecchio et AFP.