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Béziers: deux détenus suspectés de trafic de drogue libérés par manque de surveillants

Le centre pénitentiaire de Béziers, le 17 novembre 2009.

Le centre pénitentiaire de Béziers, le 17 novembre 2009. - PASCAL GUYOT - AFP

Les individus avaient été interpellés avec plusieurs dizaines de kilogrammes de drogues. Faute de surveillants, ils n'ont pu être présentés à un juge.

Deux hommes ont été arrêtés sur l'autoroute A9, dans l'Aude la semaine dernière, avec à bord de leur véhicule 26 kg de cannabis, selon France Bleu Hérault. Ils ont été placés en garde à vue puis transférés en détention provisoire à la prison de Béziers, dans l'Hérault, en attente de leur convocation devant le juge.

Visioconférence refusée

Jeudi, ils devaient être présentés au tribunal de Narbonne en vue de leur jugement. Mais il n'y avait aucun surveillant disponible pour effectuer le transfert, la prison étant à une trentaine de kilomètres du tribunal correctionnel.

Les deux suspects ayant refusé la visioconférence proposée par le juge, ils ont été libérés. Ils ont été convoqués au mois d'avril pour leur procès, avec le risque qu'ils ne se présentent pas.

Interrogé par la radio locale, Thomas Jacquot, représentant du syndicat Unsa-Ufap déplore une situation critique, où l'on libère des détenus potentiellement dangereux:

"Je ne veux pas dire que c'est régulier, mais il arrive parfois, même plus que parfois, que des détenus ne soient pas présentés faute d'effectifs et qu'ils soient libérés, avec parfois des profils plus ou moins dangereux. Là, sur l'affaire de Narbonne, on a affaire à du trafiquant de drogue avec des gens en liberté qui vont revenir libres pour leur procès, s'ils reviennent. En attendant ils sont tranquilles dehors alors que la société les avaient écartés temporairement en attendant qu'ils soient jugés."

Un métier qui attire de moins en moins

Le syndicaliste pointe également du doigt le manque récurrent de gardiens de prison:

"Ce problème ne pourra se résoudre que si les effectifs nécessaires sont donnés sur les pôles régionaux d'extraction judiciaires, il n'y a pas d'autres solutions", a-t-il déclaré à France Bleu Hérault.

Fin janvier, un large mouvement de grève avait eu lieu dans les prisons françaises pour dénoncer le manque de surveillants et l'inaction de l'administration face à la baisse de l'attractivité de la profession.

Esther Paolini