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Belloubet assure ne vouloir "en aucun cas rentrer dans le dossier de l’affaire Traoré"

La ministre de la Justice Nicole Belloubet

La ministre de la Justice Nicole Belloubet - Bertrand GUAY / AFP

La ministre de la Justice a assuré sur RTL que si elle avait proposé une rencontre au collectif Adama Traoré, c'était pour discuter "du fonctionnement de la Justice", et non pour évoquer le dossier de l'affaire.

Depuis lundi, la ministre de la Justice assure n'avoir jamais voulu intervenir sur le dossier d'Adama Traoré, jeune homme mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes dans le Val-d'Oise. BFMTV a appris dès lundi que la famille du jeune homme avait refusé une invitation de Nicole Belloubet pour une rencontre, déclenchant de nombreuses critiques sur le non-respect de la séparation des pouvoirs.

Discuter "sans pour autant entrer dans le dossier"

Ce mercredi matin sur RTL, la ministre de la Justice a de nouveau assuré qu'elle ne voulait en "aucun cas rentrer dans le dossier de l’affaire Traoré, c'est une règle connue sur l’indépendance de la justice", a-t-elle répété.

Assumant "pleinement" avoir fait une proposition de rencontre, elle assure qu'il s'agissait avant tout d'expliquer le service public de la Justice, et de répondre aux attaques sur son fonctionnement. Elle souhaitait recevoir le collectif Adama Traoré sans évoquer le dossier judiciaire.

"Je peux tout à fait discuter avec ces personnes là du fonctionnement de la Justice sans pour autant entrer dans le dossier de l'affaire Traoré", assure la Garde des Sceaux, "je distingue très clairement les choses".

Une invitation pas uniquement destinée aux proches d'Adama Traoré

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner assurait également mardi sur BFMTV que Nicole Belloubet ne souhaitait pas intervenir dans le dossier, mais garantir aux proches d'Adama Traoré "la transparence, parce que la Garde des sceaux elle est la garante justement de cet équilibre de la Justice (...) Si elle a proposé un rendez-vous c'est parce qu'elle pense qu'à des moments donnés il faut apaiser la société".

La ministre de la Justice a déclar" sur RTL que sa proposition n'était d'ailleurs pas uniquement destinée au collectif Adama Traoré. "Quand vous avez 20.000 personnes devant le parvis du tribunal judiciaire de Paris, il me semble qu'il n'est pas absurde d'entendre l'émotion mais aussi la Justice que demandent ces personnes", a-t-elle expliqué, assurant:

"A qui le demande je suis disponible pour expliquer comment fonctionne le service public de la Justice, voire pour l'améliorer".
Salomé Vincendon