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Beauvais: la police municipale se vengerait des habitants en mettant des PV

Une enquête administrative a été ouverte pour déterminer dans quelles conditions ces PV ont été édités.

Une enquête administrative a été ouverte pour déterminer dans quelles conditions ces PV ont été édités. - Damien Meyer - AFP

Les habitants de Beauvais, par référendum, ont refusé en septembre que leur police municipale soit armée, comme elle le réclamait. Les agents seraient devenus moins tolérants à leur encontre.

La maire Les Républicains de Beauvais a demandé à ses services d'enquêter sur des PV de stationnement en série, soupçonnés d'être "une petite vengeance mesquine" de la police municipale mécontente de ne pas avoir été armée, a-t-on appris auprès de l'élue.

Les Beauvaisiens, consultés par référendum le 27 septembre à l'initiative de la maire, s'étaient prononcés à 67% contre l'armement de la police municipale. Depuis, de nombreux PV à 135 euros ont été distribués à des véhicules stationnant sur des trottoirs où ils étaient auparavant tolérés, a indiqué à l'AFP la maire de Beauvais, Caroline Cayeux, confirmant une information d'Europe 1. Et ce, fait inhabituel, de nuit.

Une enquête administrative est en cours "pour savoir dans quelles conditions ces contraventions avaient été mises, et si elles étaient justifiés ou non", a affirmé la première élue, se réservant la possibilité de prendre des sanctions en fonction des conclusions. "Je me suis interrogée sur cette volonté d''aligner' beaucoup de voitures la nuit, et je ne voudrais pas qu'à la suite du référendum, qui n'a pas conclu aux ambitions avérées de nos policiers, ce soit une petite vengeance mesquine", a-t-elle ajouté. 

Un manque de courage dénoncé

"A partir du moment où la maire de Beauvais interdit un trottoir, on ne peut pas reprocher aux policiers d'appliquer", même si les places pour se garer sont insuffisantes, a réagi auprès de l'AFP Jean-Marc Joffre, président du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM). "Vu le manque de courage de la maire sur le sujet sensible de l'armement, les policiers ont sûrement voulu ne plus mettre en application la tolérance que la collectivité avait donnée afin de lui montrer qu'il fallait parfois prendre ses responsabilités", a abondé Patrick Carré, président du syndicat CFTC-Police municipale.

Le syndicaliste a souligné qu'en cas d'accident dû à des véhicules stationnés illicitement sur le trottoir, des sanctions pouvaient être prises contre les agents n'ayant pas appliqué la loi. Dans l'Oise, les policiers municipaux de Chantilly peuvent porter une arme.

la rédaction avec AFP