BFMTV

Bar-le-Duc: amende requise contre un "faucheur de chaise"

-

- - Des militants d'ATTAC devant des locaux d'une agence de la BNP à Paris, le 6 janvier 2017 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT, AFP/Archives

Le tribunal de Bar-le-Duc a requis une amende à l'encontre de Florent Compain, un militant anti-évasion fiscale, poursuive pour avoir "fauché" des chaises à Nancy en 2015.

Florent Compain, militant anti-évasion fiscale poursuivi pour avoir "fauché" des chaises dans une agence de la BNP à Nancy en 2015, a comparu jeudi devant le tribunal de Bar-le-Duc (Meuse) qui rendra sa décision le 6 juin et a tenté d'éviter de faire du procès une tribune.

Les débats se sont concentrés sur les faits. Un "vol caractérisé", a affirmé le procureur Olivier Glady, qui a demandé 500 euros d'amende entièrement assortis de sursis. Une centaine de personnes était venues le soutenir. Rassemblées devant le tribunal toute la matinée, elles ont rejoué le "procès de la BNP" en extérieur.

Florent Compain assure n'avoir touché aucune chaise

"Je ne suis pas un voleur, et à aucun moment il n'y a eu d'intention frauduleuse", a déclaré à la barre Florent Compain, qui a reconnu avoir été présent dans l'agence BNP le 6 novembre 2015.

Un groupe d'une vingtaine de personnes s'était rendu dans cette agence bancaire, avait distribué des tracts, puis "réquisitionné" une dizaine de chaises, mais Florent Compain, visible sur les caméras de surveillance et seul accusé, assure n'en avoir touché aucune.

De telles actions avaient été menées un peu partout en France en amont de la COP21. Le but était de récupérer 196 chaises, autant que le nombre de délégations à la conférence, afin d'organiser un sommet parallèle à l'immense réunion sur le climat tenue à Paris, a expliqué Florent Compain.

"Mettre en lumière le scandale de l'évasion fiscale"

"Cette action n'avait qu'un objectif: mettre en lumière le scandale que représente l'organisation de l'évasion fiscale", a-t-il ajouté, rapidement coupé par un président de tribunal ne souhaitant pas faire de sa cour une tribune militante.

"Le tribunal n'est pas saisi d'un procès sur le changement climatique", a lancé le président à un témoin venu tenter d'expliquer, à la demande de la défense, le lien entre réchauffement climatique, banques, et chaises. La BNP est accusée par les défenseurs de l'Environnement de financer des projets d'énergie fossile produisant d'importantes quantités de gaz à effet de serre.

La peine requise est bien plus sévère que lors du premier procès d'un "faucheur de chaise", à Dax (Landes) en janvier. Le ministère public avait alors demandé et obtenu la relaxe de Jon Palais. 

"Faire un pas en direction des ONG"

Une peine "qui n'a rien de symbolique", a souligné Florent Compain avant de sortir retrouver les militants réunis devant le tribunal, qui venaient de condamner la BNP dans leur procès fictif. 

A l'intérieur, en revanche, nulle trace de la banque, qui avait décidé de ne pas se porter partie civile. Les chaises avaient d'ailleurs été restituées à la banque... lors du procès de Jérôme Cahuzac, l'ancien ministre du Budget condamné à trois ans de prison ferme pour blanchiment d'argent provenant de fraude fiscale. C'est donc "un procès sans victime", a plaidé l'avocat de Florent Compain, Me Alexandre Faro, demandant la relaxe de son client. 

Un porte-parole de la BNP, de son côté, a fait savoir à l'AFP que la banque avait ainsi "souhaité faire un pas supplémentaire en direction des ONG".

G.D. avec AFP