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Avocate verbalisée devant le tribunal de Paris: le parquet classe l'affaire sans suite

Justice

Justice - Loïc Venance - AFP

De nombreux avocats avaient dénoncé cette verbalisation de leur consœur Me Hanna Rajbenbach et de quinze autres personnes, selon elle des proches de ses clients qui sortaient de garde à vue.

Le parquet de Paris a classé sans suite le procès-verbal établi samedi contre une avocate devant le tribunal de la capitale pour non-respect de l'interdiction de rassemblement et qui avait suscité la colère de la profession, a-t-il indiqué lundi à l'AFP.

"On ne verbalise pas un avocat dans l'exercice de ses fonctions sur le parvis du tribunal de Paris", a commenté le procureur de la République Rémy Heitz.

De nombreux avocats avaient dénoncé ce week-end cette verbalisation de leur consœur Me Hanna Rajbenbach et de quinze autres personnes, selon elle des proches de ses clients qui sortaient de garde à vue après une manifestation jeudi devant l'hôpital parisien Robert Debré.

Le parquet n'a pas précisé l'issue qu'il entendait donner aux contraventions de 135 euros infligées aux quinze autres personnes présentes.

La préfecture de police s'était félicitée de la verbalisation

Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux (CNB) qui représente les quelque 70.000 avocats français, avait condamné l'incident dimanche.

"Verbaliser un avocat qui exerce sa mission (là où il peut) est plus qu’inquiétant. Je m’étonne de l’absence (intentionnelle?) de discernement et des ordres donnés. Les avocats de plus en plus poussés hors des tribunaux, ne peuvent pas en plus être poursuivis sur la voie publique", a-t-elle écrit sur Twitter.

La Préfecture de police s'était félicitée samedi sur Twitter, expliquant que "16 personnes ont été verbalisées devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour non respect de (l')interdiction" de "rassemblements de plus de 10 personnes (...) en raison de l'état d'urgence sanitaire" lié à l'épidémie de coronavirus.

Ils "attendaient le gilet jaune Stéphane Espic qui devait passer devant la justice", a expliqué une source policière.

Ju. M. avec AFP