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"Aucune vindicte personnelle": Alain Finkielkraut justifie sa venue à l'audience de l'homme soupçonné d'injures antisémites à son encontre

Alain Finkielkraut au palais de justice de Paris le 22 mai 2019

Alain Finkielkraut au palais de justice de Paris le 22 mai 2019 - Philippe LOPEZ / AFP

Le prévenu risquait jusqu'à un an de prison et 45.000 euros d'amende.

Ce mercredi était jugé l'homme qui, en marge d'une manifestation de gilets jaunes à Paris le 16 février dernier, avait violemment pris à parti le philosophe Alain Finkielkraut boulevard du Montparnasse.

Cité à comparaître pour injures publiques en raison de la race, l'ethnie ou la religion, il avait insulté le membre de l'Académie Française de "sale sioniste de merde," et de "sale race" lui ordonnant de "retourner à Tel-Aviv." Le suspect avait terminé sa diatribe par "la France, elle est à nous." Le parquet a requis six mois de prison avec sursis à l'encontre du suspect. La décision a été mise en délibéré au 12 juillet prochain. 

"Porteur d'aucune vindicte populaire" 

Interpellé quatre jours après les faits, le prévenu a toujours nié avoir insulté Alain Finkielkraut pour sa religion, mais plutôt en raison de désaccords politiques et philosophiques profonds. Originaire de Mulhouse dans le Haut-Rhin, il s'est présenté ce jour au tribunal les cheveux coupés et la barbe taillée, une apparence différente de celle visible sur les vidéos de l'agression, très largement partagées au moment des faits. 

Le philosophe, bien que n'ayant pas porté plainte, était également présent dans les locaux du Palais de justice en qualité de témoin.

"Je ne suis porteur d’aucune vindicte personnelle. Ce n’est pas en tant qu’individu que j’ai été agressé et insulté, c’est en tant que représentant parmi tant d’autres d’une 'sale race', en tant que juif. Comme l’a dit Manuel Valls, sans les juifs la France ne serait plus la France, à travers moi les juifs et la France ont été insultés", a-t-il expliqué à son arrivée.

Il qui risquait jusqu'à un an de prison et 45.000 euros d'amende. 

Hugo Septier