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Attentat du Musée juif de Bruxelles: qui est Nacer Bendrer, co-accusé de Mehdi Nemmouche?

Le Palais de justice de Bruxelles, lors du procès de Salah Abdeslam, en février 2018.

Le Palais de justice de Bruxelles, lors du procès de Salah Abdeslam, en février 2018. - JOHN THYS / AFP

Ce Français, âgé de 30 ans est accusé d'avoir fourni les armes qui ont servi lors de la tuerie. Lui nie toute radicalisation et ne cesse de condamner l'attentat qui a coûté la vie à quatre personnes en 2014.

Ce jeudi en Belgique, les regards sont tournés vers la cour d’assises de Bruxelles, où débute le procès de l’attentat du 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, durant lequel quatre personnes ont été assassinées. Sur le banc de la défense, Mehdi Nemmouche concentre l’attention des parties civiles et des médias. Mais le jihadiste français n’est pas le seul accusé. Plus discret, le Français Nacer Bendrer, âgé de 30 ans, comparaît également pour “assassinat terroriste”.

Délinquant récidiviste

À première vue, le parcours de Nacer Bendrer, originaire de Marseille, peut ressembler à celui d’autres jihadistes français. Dès la fin de l’adolescence, il est connu de la justice comme délinquant récidiviste. C’est pour des faits de violence qu’il est incarcéré à partir de juin 2008 à la prison de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

Là, il fait la connaissance de Mehdi Nemmouche, mais aussi de plusieurs détenus radicalisés, selon la justice belge.

“Les deux hommes se sont bien rencontrés là-bas, mais ils ne se côtoyaient pas”, assure à BFMTV.com son avocate Christine d’Arrigo, associée de Julien Blot, qui représente également Nacer Bendrer. 

“Il aime bien la vie, les sorties, les filles”

Pourtant, des sources judiciaires assurent que c’est au sein de cet établissement qu’il s’est radicalisé. Le Marseillais est connu des services de renseignements pénitentiaires pour son prosélytisme. Certains médias le décrivent même comme le “lieutenant de Nemmouche”.

Mais Nacer Bendrer ne cesse de répéter n’avoir rien à avoir avec l’islam radical et se présente comme un musulman non-pratiquant.

“Il aime bien la vie, les sorties, les filles”, énumère sa conseille au téléphone, avant d’ajouter “qu’il ne pratique même pas le ramadan.” Depuis, il ne cesse de condamner l'attentat.

Plusieurs rencontres à quelques jours de l'attentat

La justice belge est en tout cas convaincue que les deux hommes sont restés en contact à la sortie de leurs détentions et ce pendant plusieurs années. Quelques semaines avant l’attentat, en avril 2014, les deux Français échangent fréquemment par téléphone. 46 appels sont recensés par les enquêteurs.

Nacer Bendrer se rend à Bruxelles et Mehdi Nemmouche à Marseille. Des rencontres sur lesquelles devraient s’attarder les assises de Bruxelles, puisqu'elles se sont tenues à peine un mois avant que Mehdi Nemmouche ne passe à l’acte.

Un accusé "pétrifié, effrayé"

Lorsqu’il est interpellé en février 2015, Nacer Bendrer est en possession de diverses armes, dont un fusil d'assaut de type kalachnikov. Un élément à charge pour les enquêteurs, puisque c’est ce même type d’arme qui a servi lors de la tuerie du Musée juif. Mais Christine d’Arrigo insiste: “il n’a jamais été condamné pour des faits de violences avec armes”, même lors de sa récente condamnation - pour laquelle il a fait appel - pour extorsion en septembre 2018. Son client est donc aujourd’hui “pétrifié, effrayé par cette affaire”.

Paradoxe belge, tandis que l’acte d’accusation ne décrit pas Nacer Bendrer comme auteur ou complice de l’attentat, il est présenté à la cour pour les mêmes faits que Mehdi Nemmouche.

“La justice l’accuse d’une aide matérielle mais elle ne fait pas le tri avant le début du procès”, regrette son avocate. Un flou que devra éclaircir la cour d’Assises, d’ici la fin du mois de février.
dossier :

Mehdi Nemmouche

Esther Paolini