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Attaque de l'Élysée et coup d'État: l'inquiétant projet démantelé du complotiste Rémy Daillet

Le complotiste de 55 ans, déjà mis en cause dans le cadre de l'affaire Mia, a été à nouveau mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste.

Organiser la prise de l'Élysée par le peuple, c'était l'un des projets fous de Rémy Daillet-Wiedemann. Mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste le 22 octobre dernier, le père de sept enfants, déjà écroué et inculpé en juin dernier dans le cadre de l'enlèvement de la petite Mia, projetait de s'en prendre à l'État, jusqu'à s'emparer de l'Élysée, selon des informations révélées par Le Parisien que BFMTV est en mesure de confirmer.

C'est une enquête de la DGSI qui a mis au jour un inquiétant dessein visant à s'emparer du Château avec l'aide d'une vaste organisation paramilitaire, dans le cadre d'une "opération Azur".

Pour y parvenir, Daillet avait constitué une organisation clandestine dans laquelle s'entrelaçaient des branches régionales, où frayent des idéologies d'ultradroite et complotistes, face à un gouvernement "génocidaire" qui propose un "vaccin qui tue" et rend un "renversement populaire (...) inéluctable", cite Le Parisien.

Cellules régionales structurées

D'après le quotidien, plusieurs membres de la cellule francilienne ont été arrêtés dans le cadre de l'affaire Mia. Sylvain P., l'une des figures de cette cellule, est par ailleurs connu pour avoir participé, en septembre 2020, à une intrusion de gilets jaunes dans les locaux de BFMTV.

En Alsace, des partisans de Rémy Daillet, sympathisants d'Hitler, avaient pour volonté de faire sauter une loge maçonnique.

Curieux profil que celui de Rémy Daillet-Wiedemann. L'homme de 55 ans, ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne ensuite exclu de la formation politique par François Bayrou, fils de député centriste, qui s'est exilé en Malaisie avant d'en être extradé en juin dernier, est devenu une figure de la sphère complotiste via des vidéos en ligne. Il a acquis une certaine notoriété à compter de la fin de l'année 2020.

Un projet de prise de l'Elysée

Pour parvenir à ses fins de coup d'État, le quinquagénaire aurait fait appel à deux anciens militaires pour sélectionner et entraîner les recrues en vue d'une prise de l'Élysée. Des personnes qui auraient eu en amont pour mission de s'en prendre à des centres de vaccination contre le Covid-19 et à des antennes 5G.

Un projet, qui au vu de l'enquête semblait abouti, avec des détails sur la mise en pratique de l'attaque du palais présidentiel en elle-même, des catégories d'assaillants, "voltigeurs", "grenadiers", aux tâches bien déterminées avant de s'en prendre à l'Assemblée nationale et au Sénat, puis au ministère des Armées. L'occupation d'une antenne de radio ou de télévision pendant plusieurs heures était envisagée pour diffuser la propagande.

Sur les 300 membres revendiqués par l'organisation complotiste, la DGSI a pu identifier plusieurs dizaines de personnes. Parmi elles, des profils variés: policiers, gendarmes et militaires en activité, mais aussi une avocate au barreau de Paris ou encore un maire. Contacté par BFMTV, l'avocat de Rémy Daillet conteste tout projet d'action terroriste.

Guillaume Barki avec Clarisse Martin