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Assassinat de Samuel Paty: comment le terroriste s'est radicalisé

Ses proches évoquent un changement de comportement depuis environ trois ans. Abdoullakh A. avait peu à peu coupé les ponts avec ses amis qui "profitaient trop de la vie".

À Evreux, ses voisins le décrivent comme un jeune homme "discret" et "plongé dans la religion" depuis trois ans. Mais Abdoullakh A., auteur de l'assassinat de Samuel Paty vendredi dernier, n'était pas dans les radars des services de renseignement. Selon ses proches, sa radicalisation remonte à "quelques mois", voire "plus d'un an", rapporte l'AFP.

Son comportement a changé petit à petit, au fil des ans son entourage l'a vu évoluer, se renfermer, rompre ses liens sociaux. "Il trouvait que nous étions des mauvaises fréquentations, que nos faits et gestes nous conduiront en enfer", raconte à BFMTV un ancien ami.

"D'un coup il est venu nous voir et il a dit qu'il arrêtait de traîner avec nous parce qu'on profitait trop de la vie", abonde un autre.

Solitaire, Abdoullakh s'isole et se plonge dans la pratique d'un islam rigoriste. "Il est devenu différent, très peu sociable".

Un club de lutte connu comme lieu de radicalisation

Mais comment la bascule s'est-elle effectuée? Un élément attire l'attention des enquêteurs: il y a un peu plus d'un an, le jeune Russe tchétchène arrivé en France à l'âge de 6 ans, s'inscrit dans un club de lutte toulousain. Une structure que les services de renseignement connaissent comme un lieu de radicalisation. Mais finalement, l'endroit est peu fréquenté par le terroriste.

"Il a été licencié en 2018-2019 mais il n'était jamais à l'heure donc l'entraîneur lui a dit que ce n'était pas la peine de venir", déclare à la presse Didier Brisot, président de la ligue Occitanie de lutte.

Pour l'heure, l'adhésion d'Abdoullakh A. à la mouvance islamiste reste encore floue. En garde à vue, son père se dit horrifié par l'acte commis vendredi à Conflans-Saint-Honorine. Selon nos informations, il affirme que la question du jihad n'avait jamais été abordée avec son fils, pas plus que les caricatures du prophète ou que l'enseignant Samuel Paty qu'il a assassiné pour avoir montré ces dessins en classe.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV