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Arrêté anti-burkini: le tribunal de Nice suspend celui de Cannes après l'avoir validé

Les policiers ont procédé à la verbalisation de plusieurs femmes portant un burkini sur les plages de Cannes.

Les policiers ont procédé à la verbalisation de plusieurs femmes portant un burkini sur les plages de Cannes. - AFP

Le tribunal de Nice vient d'effectuer un virage à 180 degrés. Mardi matin, la juridiction a suspendu l'arrêté anti-burkini en vigueur sur les plages de Cannes. Le 22 août dernier, ce même tribunal l'avait pourtant validé. La raison: la décision du Conseil d'Etat qui a suspendu vendredi dernier l'arrêté pris par la municipalité de Villeneuve-Loubet.

La plus haute juridiction administrative avait estimé que le burkini ne présentait pas de risque d'atteinte à l'ordre public, contrairement à ce que défendent la trentaine de municipalité qui ont prononcé une interdiction de cette tenue de bain. Or en l'absence de ce risque, le texte porte atteinte aux libertés individuelles, a estimé le Conseil d'Etat.

Jugement "rassurant"

Concernant le tribunal de Nice, l'avocat du Comité contre l'islamophobie en France (CCIF) estime que le jugement est "rassurant". "Le point n°5 est une reprise mot pour mot du Conseil d'Etat sur les libertés fondamentales, à savoir la liberté d'avoir sa propre opinion religieuse (liberté de conscience), celle d'aller à la plage (liberté d'aller et venir) et sur le vêtement qu'on porte ou pas (liberté personnelle)", a indiqué à l'AFP Me Sefen Guez Guez.

Dans un premier temps, le tribunal de Nice avait validé un arrêté similaire de la commune de Villeneuve-Loubet et jugé que l'interdiction du burkini était "nécessaire, adaptée et proportionnée" car il pouvait être perçu comme une provocation après la succession d'attentats islamistes en France depuis 2015. 

"Maintenant, j'espère que les autres communes vont retirer leur arrêté", poursuit le conseil. Mardi après-midi, le tribunal de Toulon va se prononcer sur le recours portant sur l'arrêté pris à Fréjus. Mercredi, ce sera à nouveau le tribunal de Nice qui statuera sur les arrêtés de Nice, Menton et Roquebrune-Cap-Martin.

J.C. avec AFP