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Après les attentats, les annulations de festivités se multiplient

La mairie de Lille a décidé d'annuler sa traditionnelle braderie qui devait se tenir les 3 et 4 septembre prochains en raison des risques terroristes. Une décision symbolique qui intervient après le choix de nombreuses autres mairies d'empêcher la tenue des festivités estivales.

"Nous sommes en situation de guerre. Donc, par moments, il faut interdire des manifestations si les normes de sécurité ne sont pas respectées. Il faut que chacun comprenne qu'on est dans cette situation et que ça entraîne parfois des contraintes". Mardi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, faisait le constat que désormais la sécurité primait sur les festivités, et ce, après l'annulations de plusieurs d'entre elles.

Plusieurs municipalités ont ainsi décidé d'annuler feu d'artifices, soirées ou encore rassemblement. Une multiplication d'annulations qui intervient après les attentats de Nice, 85 morts, et l'attentat dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray où le père Jacques Hamel a été égorgé. La raison principale: la sécurité difficile à assurer lors de grands événements.

"Ca peut-être le carnage", redoute Martine Aubry

Le choix de Lille d'annuler sa traditionnelle braderie, qui devait avoir lieu les 3 et 4 septembre prochain, est certainement le plus symbolique, notamment par le fait qu'il a été pris par une maire socialiste.

"Je ne me serais jamais remise d’un accident ou d’un incident de problèmes de sécurité parce que je n’aurais pas eu le courage de mettre entre parenthèse cette braderie 2016", a déclaré, visiblement émue, Martine Aubry. 

Assurant avoir "tout fait avec le préfet" pour mettre des moyens de sécurité suffisants en place pour l'événement, la maire de Lille craint qu'"un fou veut agir ou si même un pétard fait peur aux gens (...) ça peut-être le carnage et ça peut être des morts et des blessés". Dans une Nice encore endeuillée après l'attaque perpétrée par Mohamed Lahouaiej Bouhlel, les responsables avaient pris une décision identique.

Sécurisation quasi-impossible

Ainsi, la Prom'Party, prévue les 15 et 28 août, qui devait transformer la promenade des Anglais en piste de danse géante a été annulée. Idem pour la fête du port à Nice qui se déroule traditionnellement à la rentrée et peut rassembler plus de 30.000 personnes. L'attitude préventive de la mairie LR de Nice a été imitée par de nombreuses autres villes notamment dans la région.

Autre événement annulé de taille: le meeting aérien de la patrouille de France prévu pour se tenir à l'origine le samedi 13 août à Marseille. Une décision prise d'un commun accord entre la mairie et la préfecture.

"Nous nous sommes rendus compte que compte tenu de l'ampleur de cet événement qui réunit plus de 100.000 personnes à Marseille sur une grande partie du littoral que la sécurisation de l'ensemble du périmètre concerné était quasi-impossible", concède Laurent Nunez, le préfet de police des Bouches-du-Rhône.

Le festival de cinéma en plein air du Panier, un quartier historique de Marseille, suit l'exemple de la Villette, à Paris, qui a annulé ses projections en extérieur. La menace terroriste aura également eu raison du feu d'artifice de La Baule dont la configuration "front de mer" était semblable à celle de Nice au soir du 14-Juillet.

"Il faut être vigilant, sans verser dans la psychose", prévenait le maire LR Yves Métaireau.

"On a pas peur d'eux"

Du Nord au Sud, les annulations se multiplient. Les habitants et touristes qui se trouveront à Avignon, dans le Vaucluse, à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, à Collioure, dans les Pyrénées-Orientales, ou à la Seyne-sur-Mer, dans le Calvados, seront également privés de feu d'artifice. A Grasse, les quelques 5.000 habitués de la fête du jasmin ne pourront pas assister à la 70e édition.

De Paris à Marseille, la traditionnelle "Nuit des étoiles" qui se déroule ce vendredi est annulée. "Nous recevons 400 à 500 personnes dans le noir complet, dans une impasse, donc ça fait un peu peur", justifiait le médiateur scientifique du planétarium de l'observatoire de la cité phocéenne. La peur, certains participants la rejettent. "Je pense que c'est totalement irresponsable (...)", avait dénoncé sur France Info le chanteur Michael Jones après l'annulation du festival de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, qui devait se dérouler du 4 au 7 août.

"Il faut avoir le courage de dire à Daesh qu'on n'a pas peur d'eux quoi !"

Dans cette avalanche d'annulation, certains ont fait le choix de maintenir des festivités estivales. C'est le cas des fêtes de Bayonne et de Dax. Du 29 au 31 juillet, les 80e fêtes de Bayonne, l'un des plus grands rassemblements populaires au monde, a connu une baisse de fréquentation d'environ 20% par rapport à l'an dernier.

J.C.