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Après Nice, annulations en série de festivités en août en France

Après l'attentat de Nice, des festivités avaient été annulées à Paris et en Ile-de-France. C'est au tour de plusieurs villes de France de prendre la même décision.

Les annonces d'annulation de feux d'artifice ou de festivités se multiplient dans toute la France. La raison principale: la sécurité, difficile à assurer après l'attentat du 14 juillet à Nice qui a fait 84 morts. Si certaines n'auront définitivement pas lieu, d'autres voient leur sort encore en suspens ou seront retreintes. Et ce principalement dans les régions voisines de Nice.

La mairie de Nice, encore endeuillée après la mort de 84 personnes le soir du 14-Juillet, a décidé d'annuler la Prom'Party, censée transformer en immense piste de danse la Promenade des Anglais les 15 et 28 août. La Ville, qui précise attendre la décision de la préfecture des Alpes-Maritimes "sur chaque événement, conformément à une nouvelle circulaire", annonce toutefois que certains événements futurs seront "redimensionnés pour être plus sécurisés".

"Nous voulons préserver nos fêtes patrimoniales et traditionnelles", annonce la mairie dans un communiqué.

Annulation en cascade à Marseille

La question se pose partout en France. A La Baule, dont la configuration du front de mer est "semblable à celle de Nice", le maire LR Yves Métaireau a annulé le feu d'artifice du 15 août pour ne "faire prendre aucun risque au public et à ses administrés". "Même s'il n'y a toutefois pas de menace avérée qui touche La Baule-Escoublac, il faut être vigilant, sans verser dans la psychose. Je ne doute pas que les Baulois comprendront cette mesure de précaution", estime-t-il.

Dans le Sud-Est aussi, les villes annulent en masse les événements prévus en août. A Marseille, qui avait déjà supprimé son feu d'artifice du 15 juillet au lendemain de la tuerie de Nice, la mairie a annoncé lundi l'annulation du meeting aérien de la patrouille de France le 13 août, où 100.000 visiteurs étaient attendus. La "Nuit des étoiles", qui devait se dérouler sur le site de l'observatoire de la cité phocéenne le 5 août, est aussi supprimée.

"Nous recevons 400 à 500 personnes dans le noir complet, dans une impasse, donc ça fait un peu peur", a expliqué le médiateur scientifique du planétarium de l'observatoire, Richard Hamou. 

"Situation de guerre"

Le préfet de police des Bouches-du-Rhône Laurent Nuñez relativise: "Hormis le meeting de la patrouille de France qui était un événement d'ampleur très importante (...), on arrive à maintenir l'ensemble des événements". Quoiqu'il en soit, le festival de cinéma en plein air du Panier, un quartier historique de Marseille, suit l'exemple de la Villette, à Paris, qui a annulé ses projections en extérieur.

Dans les Alpes-Maritimes, Grasse renonce à sa 70e fête du jasmin, qui devait accueillir plus de 5.000 visiteurs. La mairie d'Avignon annule de son côté le spectacle pyrotechnique prévu le 25 août pour l'anniversaire de la libération de la ville, avec 30.000 spectateurs attendus au pied du pont. Le traditionnel feu d'artifice du 16 août à Collioure (Pyrénées-Orientales) est lui aussi annulé pour raisons de sécurité, mais la ville a maintenu les autres festivités des fêtes de Saint-Vincent. Elles attirent entre 80.000 et 100.000 personnes du 14 au 18 août.

Du côté de l'exécutif, on dit comprendre ces décisions et même les justifier. Le ministre de la Défense, en visite à Lyon, estime que ces annulations sont motivées par les contraintes liées à la "situation de guerre" face au terrorisme. "Il faut que chacun comprenne qu'on est dans cette situation et que ça entraîne parfois des contraintes", a ajouté Jean-Yves Le Drian lors d'une rencontre avec des militaires participant à l'opération Sentinelle.

la rédaction avec AFP