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Après l'incendie de Rouen, les bars de nuit de la ville sur la sellette

Après le drame du Cuba Libre à Rouen, 15 bars de nuit contrôlés sur 16 ont été jugés non-conformes aux règles de sécurité incendie. Des fermetures brutales, parfois du jour au lendemain, qui laissent des gérants sans solution.

La vie nocturne de Rouen est-elle déjà du passé? Après le drame du Cuba Libre, qui a coûté la vie à 14 personnes dans la nuit du 5 au 6 août dernier, 16 bars de nuit de la ville ont été contrôlés. Des établissements de catégorie 5 qui n'étaient pas contrôlés auparavant, mais qui ont dû l'être après le drame. Sur les 16, un seul a reçu un avis favorable. Cinq autres ont reçu un avis défavorable, 7 ont reçu une fermeture administrative de leur sous-sol, et trois autres se sont vus imposer une fermeture totale.

C'est le cas de Mustapha Cissouma. Gérant du bar "Le Coco Loco", il a subi un contrôle de sécurité le 30 septembre dernier. Quatre jours plus tard, son bar a été fermé par les autorités. En cause notamment, les installations électriques et un accès à la cave déclarés non-conformes. "On ne nous laisse pas faire quoi que ce soit", déplore le gérant.

"On ne nous laisse même pas l'occasion de faire des travaux. On vient et on nous pénalise directement". "Si ça continue comme ça, Rouen va devenir une ville morte", déplore un autre gérant, interrogé par Normandie-Actu.

Les élus réclament un changement de législation

Après le drame, la députée de Seine-Maritime Valérie Fourneyron, réclame une évolution de la législation. "Le Cuba Libre était inscrit au registre du commerce comme un bar/petit restaurant", relève l'élue sur France 3.

"Or certains bars proposent aussi un espace où l'on peut danser. Pour ces établissements, il faut une autre classification, qui conduirait à des exigences particulières comme le fait que la musique soit reliée à l'alarme: quand l'incendie se déclenche, la musique s'arrête."

De son côté, le maire de Rouen, Yvon Robert, réclame également "la tenue d'un registre de sécurité", ainsi que "l'établissement d'un diagnostic de sécurité à l'occasion de la vente", sur le même modèle que la vente d'une voiture. "Mais ce n'est pas un renforcement de la réglementation", ajoute le maire. "Il s'agit de moyens pour s'assurer que la législation est respectée".

Une quarantaine d’établissement de catégorie 5 doivent encore être contrôlés dans la ville de Rouen. Une mesure qui, selon le ministre de l’intérieur, pourrait s’étendre à l’ensemble de la France.

Ariane Kujawski avec Leslie Cadiou et Claire Elien