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Ajaccio: "Ils sont arrivés avec des battes de base-ball", témoignent les pompiers blessés

Blessés lors d'échauffourées à Ajaccio dans la nuit de jeudi à vendredi, les deux pompiers ont porté plainte jeudi matin. Dans Corse-Matin, ils évoquent une soirée très tendue.

Tiffany et Nicolas ont peu dormi ces dernières heures. Sapeur-pompiers à Ajaccio, ils ont été blessés dans la nuit de Noël, de jeudi à vendredi. Ils étaient intervenus dans le quartier des Jardins de l'empereur pour un incendie volontairement allumé afin de les attirer dans un "guet-apens", selon les termes du préfet, François Lalanne. En fin d'après-midi déjà, les forces de l'ordre avaient procédé à l'enlèvement préventif de "400 palettes de bois, une tonne de pneumatiques et un engin incendiaire".

Une fois sur les lieux de l'incendie, les deux pompiers ont été "sérieusement blessés" par des éclats de verre après des "agressions physiques" au cours desquelles des vitres de leur véhicule d'intervention ont été détruites, toujours selon le sous-préfet, qui évoque "de nombreux jeunes encagoulés" impliqués dans les échauffourées.

"Il faisait sombre. Nous sommes restés dans le camion et notre principale préoccupation était que personne ne puisse monter dedans. D'autant qu'il y avait une femme avec nous sur l'intervention. Je l'ai poussée derrière et j'ai fermement tenu la porte. C'est à ce moment-là que j'ai été blessé", raconte à Corse-Matin Nicolas, qui a eu la cornée rayée.

"Il fallait sortir rapidement du quartier"

"Une bande de jeunes nous a insultés de 'sales Corses de merde'", renchérit Tiffany, blessée également dans l'intervention, sur BFMTV. "Ils sont arrivés avec des battes en métal, des clubs de golf, des battes de base-ball..."

Objectif des agresseurs: s'en prendre au véhicule des pompiers: "On savait que s'ils pénétraient dans le camion, ce n'était plus la même histoire. Il fallait rapidement sortir du quartier", affirme Tiffany. Ce que les pompiers et la police ont réussi à faire, non sans dommages: "ils ont réussi à casser deux vitres, et mon collègue s'est pris des bris de verre dans les yeux".

Le lendemain, vendredi, 600 personnes se sont réunies devant la préfecture pour soutenir les deux pompiers et un membre des forces de l'ordre. Tiffany était présente, en tenue. Entre 250 et 300 personnes se sont ensuite rendues dans le quartier où les échauffourées avaient eu lieu dans la nuit.

Dans ce quartier populaire, sur les hauteurs d'Ajaccio, ces personnes, encadrées par des policiers déployés pour maintenir le calme, ont cherché à identifier les auteurs des violences de la nuit, aux cris de "On est chez nous!" ou "Arabi fora (les Arabes dehors)!". C'est dans cette ambiance tendue qu'une salle de prière musulmane située à proximité de la cité des Jardins de l'Empereur a été saccagée et des exemplaires du Coran ont été partiellement brûlés. Des actes sévèrement condamnés par l'ensemble de la classe politique.

A. K.