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Airbus et Air France chez un juge pour l'accident du Rio-Paris

Au cimetière du Père Lachaise à Paris, mémorial en souvenir des victimes de l'accident du vol AF447 entre Rio de Janeiro et Paris. Les sociétés Airbus et Air France sont convoquées respectivement jeudi et vendredi par un juge d'instruction français en vue

Au cimetière du Père Lachaise à Paris, mémorial en souvenir des victimes de l'accident du vol AF447 entre Rio de Janeiro et Paris. Les sociétés Airbus et Air France sont convoquées respectivement jeudi et vendredi par un juge d'instruction français en vue - -

PARIS (Reuters) - Les sociétés Airbus et Air France sont convoquées respectivement jeudi et vendredi par un juge d'instruction français en vue...

PARIS (Reuters) - Les sociétés Airbus et Air France sont convoquées respectivement jeudi et vendredi par un juge d'instruction français en vue d'une mise en examen dans l'enquête sur la catastrophe du vol Rio-Paris, dans laquelle ont péri 228 personnes en 2009.

Cette procédure intervient à quelques jours de la reprise des recherches dans l'Atlantique de l'épave de l'Airbus A330 qui s'est abîmé en mer dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, emportant dans la mort des passagers de 32 nationalités, dont 72 Français et 59 Brésiliens.

Bien qu'aucun scénario précis de l'accident du vol AF 447 ne soit établi, la juge d'instruction Sylvie Zimmerman a annoncé le mois dernier aux avocats des familles de victimes son intention de notifier des poursuites aux deux sociétés, sans détailler leurs fondements juridiques.

Il est probable que soit visé le problème des sondes de mesure de vitesse de type Pitot, fabriquées par Thales qui équipaient les A330 et A340, bien que des problèmes de givrage à haute altitude et de dysfonctionnements aient été déjà constatés et répertoriés dans des rapports.

Ces sondes ont été changées sur toute la flotte Air France après l'accident. Dans un mémorandum remis à la juge fin 2010, la compagnie aérienne s'est défaussée de ce problème sur Airbus, disant avoir été abandonnée "sans recommandations ni solutions pérennes à ce problème".

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé des investigations techniques, a constaté jusqu'à présent une défaillance des sondes Pitot au moment de l'accident, sans conclure qu'elle était à l'origine de la catastrophe.

Les enquêteurs ne disposent pas des enregistreurs de conversations des pilotes et des données de vol, les "boîtes noires", qui sont l'objet des recherches en mer.

DÉMARCHE "PRÉMATURÉE"

Air France, qui sera représentée vendredi par son directeur général, Pierre-Henri Gourgeon, estime que sa mise en examen sera "prématurée", a dit à Reuters son avocat Fernand Garnault.

"Il n'y a rien de nouveau en l'état du dossier qui permette de prendre en compte une responsabilité plutôt qu'une autre", a-t-il déclaré. Il juge cependant positif de pouvoir accéder au dossier d'instruction, ne serait-ce que par le biais d'une mise en examen.

Airbus a souligné que les causes de la catastrophe n'étaient pas éclaircies et réaffirmé qu'à ses yeux ses appareils étaient les plus sûrs jamais construits. La société estime qu'il n'est pas possible de tirer des conclusions pour l'instant et rappelle qu'elle coopère à l'enquête et aux recherches.

Les familles de victimes, regroupées notamment dans l'association Entraide et solidarité AF447, ont multiplié les démarches auprès des autorités pour réclamer une enquête "transparente" et une information rapide.

De nouvelles opérations de recherche en mer, les quatrièmes, doivent débuter vers le 20 mars sur une zone au large du Brésil, avec un budget de plus de neuf millions d'euros.

Des débris, dont l'empennage de l'avion, ont été repêchés après l'accident, ainsi qu'une cinquantaine de corps. Les trois premières phases de recherches, à l'aide de robots sous-marins, n'ont pas permis de retrouver l'épave de l'Airbus, qui selon le BEA s'est abîmé d'un seul bloc en mer.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser