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Agressions sexuelles en marge du Mondial: "Je me suis sentie seule, c'était interminable"

Depuis la victoire des Bleus dimanche les langues se délient et les témoignages de jeunes femmes racontant avoir été victimes d'agressions sexuelles pendant les festivités se multiplient. BFM Paris a rencontré l'une d'entre elles.

Au lendemain de la victoire des Bleus en Coupe du monde et des festivités qui s'en sont suivies partout en France, plusieurs femmes ont raconté sur les réseaux sociaux avoir été victimes d'agressions sexuelles dans la rue ou dans les bars.

L'une d'entre elles a accepté de témoigner sur BFM Paris. Elle s'appelle Lucie, elle a 17 ans, et le soir du match elle se trouvait dans un bar parisien avec des amis.

"J'ai d'abord pensé qu'il n'avait pas fait exprès"

"Au moment du premier but, tout le monde crie de joie, il n'y a pas de souci. C'est au moment du deuxième but que quelqu'un en a profité pour mettre sa main entre mes jambes. J'ai d'abord pensé qu'il n'avait pas fait exprès et je me suis dit que c'était pas grave", raconte la jeune fille.

Mais son agresseur recommence et Lucie comprend alors ce qui est en train de se passer:

"Juste après il a mis les mains au niveau de ma poitrine, puis après sur mes fesses. Je n'arrivais pas à me débattre, on était tellement serré, tout le monde sautait dans tous les sens, criait", continue l'adolescente.

"C'était comme si on ne m'entendait pas"

La jeune fille tente alors de crier, mais en vain. Mêlé aux cris des supporters, son appel à l'aide passe inaperçu:

"Les gens devaient penser que je criais pour le but. Ca a peut être duré une minute, mais c'était interminable. Je me suis sentie seule, personne n'a fait d'efforts, c'était comme si on ne m'entendait pas."

"Je n'avais rien demandé, je voulais juste regarder le match"

"Je me suis mise à pleurer, j'étais blessée. Je me suis demandée ce que j'avais fait, je n'avais rien demandé, je voulais juste regarder le match. Tous les jours j'y repense parce que j'ai eu l'impression d'être dans un cauchemar", regrette l'adolescente.

Aujourd'hui, Lucie explique ne plus réussir à se mélanger à la foule et être méfiante lorsqu'elle prend le métro. Dans la panique, elle n'a pas eu le temps de voir le visage de son agresseur. Mais la jeune fille pense à porter plainte pour inciter les femmes victimes d'agressions sexuelles à les dénoncer, et surtout à ne pas les banaliser.

L'appel du ministère de l'Intérieur

Si la grande majorité des victimes ne portent pas plainte, le porte-parole du ministère de l'Intérieur les invite à le faire:

"On ne doute pas que le témoignage de ces femmes est vrai et nous avons besoin pour identifier et interpeller les auteurs de ces agressions sexuelles, que ces victimes viennent déposer plainte. C'est le seul moyen de se donner la chance d'arrêter ces gens là."

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur a également souligné l'importance pour les services de police de quantifier le nombre de victimes pour permettre une réelle prise de conscience de l'ampleur du phénomène.

M. F. avec Jeanne Daudet