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Agression transphobe à Paris:  l'agresseur de Julia Boyer condamné à 6 mois de prison ferme

Julia avait été agressée fin mars place de la République.

Julia avait été agressée fin mars place de la République. - BFM Paris

L'homme a été maintenu en détention et a interdiction d'entrer en contact avec la victime.

L'agresseur de Julia, femme transgenre insultée et violentée le 31 mars dernier à la sortie d'une bouche de métro place de la République à Paris, a été condamné ce mercredi à une peine de dix mois de prison, dont six mois ferme pour "violences commises en raison de l'identité de genre" de la victime.

Ses quatre mois de sursis ont été assortis d'une mise à l'épreuve. Il a également interdiction d'entrer en contact avec la victime et de paraître aux abords de son domicile.

"La justice française a tout de même fait son travail"

"Je suis contente même si ce n'est pas ce qu'on avait espéré", a réagi Julia Boyer sur notre antenne. "La justice française a tout de même fait son travail. C'est bien de voir que ce genre d'action est puni par la loi."

"C'est un procès symbolique. Aujourd'hui, nous avons vu un parquet de Paris sensible aux questions transgenres", félicite son avocat Étienne Deshoulières. Et d'ajouter: "la justice française a pris en compte le caractère discriminatoire des actes transphobes."

Le 31 mars dernier, Julia sort d'une bouche de métro place de la République à Paris quand elle est prise à parti. La jeune femme subit alors les insultes de plusieurs hommes et les coups d'un autre, qui la frappe au visage. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait suscité l'indignation. 

"Le caractère transphobe n'a pas été prouvé"

S'il n'a pas nié les violences, l'agresseur a en revanche affirmé ne pas avoir proféré d'insultes visant les personnes transgenres, déclarant à l'audience ne pas être "homophobe". 

"C'est une peine sévère, qui répond à l'engouement médiatique autour de ce dossier", a estimé son avocate Mariame Touré. "Le caractère transphobe n'a pas été prouvé", a abondé son second avocat Rachid Madid. "Contrairement à ce que certains ont dit, ce n'était pas le procès de la transphobie: c'était le procès d'un homme qui a commis des violences, comme on en voit quotidiennement dans ce tribunal", a-t-il ajouté.

Le prévenu a aussi été condamné à verser 3.500 euros d'amende à Julia ainsi que 1.500 euros à trois associations de défense des droits des personnes LGBT, qui s'étaient portées parties civiles. 

Cyrielle Cabot