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Affrontements à Dijon: François Rebsamen appelle au calme et dénonce des violences "inacceptables"

Le maire de Dijon a également déploré le manque de moyens de la police, qui ces dernières heures, "a fait tout ce qu’elle pouvait."

Cela fait maintenant trois jours que les Grésilles sont le théâtre de violents affrontements entre membres de la communauté tchétchène et des habitants de ce quartier de Dijon. Le 10 juin dernier, un adolescent de 16 ans, membre de cette communauté, a été violemment agressé par des inconnus.

Depuis, plusieurs expéditions punitives ont eu lieu et des individus, parfois armés de barres de fer, de marteaux, de battes de baseball et encagoulés, ont fait irruption place de la République, en plein centre-ville.

"On n’est plus en République quand ça se passe comme ça"

Ce lundi à l'antenne de BFMTV, le maire socialiste de la ville, François Rebsamen, est revenu sur ces violents événements. Ce dernier, ancien ministre du Travail de François Hollande, s'est dit "sidéré par ce qui s’est passé ces trois jours" et dénonce des faits "inacceptables." La visite de Laurent Nuñez, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, y est d'ailleurs attendue ce mardi. 

"L’origine est bien le tabassage, dans le cadre d’un règlement de compte, d’un jeune Tchétchène. Et vu que maintenant la règle est celle-là en France, la justice passe trop tard, la police n’a pas les moyens de son action, la communauté tchétchène est venue faire elle-même respecter son ‘droit' et faire entendre la loi du talion. On n’est plus en République quand ça se passe comme ça", a-t-il déploré. 

L'élu a d'ailleurs profité de son intervention pour lancer un "cri du cœur" et un appel au calme, alors que la nuit s'annonce encore extrêmement tendue dans la préfecture de Côte-d'Or. 

"Il faut que tout le monde se calme, que les jeunes qui déambulent dans la rue, qui mettent le feu à des voitures, à des palettes, qui font des barricades, il faut qu’ils rentrent chez eux", a encore ajouté François Rebsamen. 

"J’appelle tout le monde à rentrer"

Quelques secondes plus tard, le maire de la ville bourguignonne a également tenu à rassurer l'ensemble de ses administrés, assurant que les forces de police seraient en nombre suffisant pour les heures à venir. 

"Ce soir, la police est en nombre, j’ai appelé le ministre de l’Intérieur, ils ont reçu des renforts et pourront assurer la sécurité s’il y a besoin. Ce ne sont pas les jeunes qui vont l’assurer, c’est la police nationale, elle a fait tout ce qu’elle pouvait avec le peu de moyens qu’elle dispose et je ne suis pas le seul maire de France à dire qu’il faut plus de policiers dans nos villes", martèle-t-il. 

En guise de conclusion, François Rebsamen a de nouveau lancé un appel au calme et à la raison.

"J’appelle tout le monde à rentrer, il n’y aura pas ce soir d’attaque de Tchétchènes, la police est là, elle est en nombre. Il faut que la sécurité revienne dans ce quartier, les habitants le méritent."

D'après nos informations, en plus des renforts de police envoyés ce lundi soir sur place, le ministère de l'Intérieur a décidé de déployer une équipe du Raid.

Hugo Septier