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Fusillade et expéditions punitives: le récit des 3 nuits d'affrontements entre la communauté tchétchène et des Dijonnais

Depuis vendredi, des épisodes de violences éclatent chaque nuit à Dijon, opposant des membres de la communauté tchétchène à des habitants de Dijon. Six personnes ont été blessées dans ces affrontements.

La ville de Dijon est en proie à de violents affrontements depuis l’agression, le 10 juin dernier, d’un adolescent de 16 ans issu de la communauté tchétchène. Cet événement a déclenché une succession d’expéditions punitives perpétrées, semble-t-il, "dans le cadre d'un règlement de comptes entre des membres de la communauté tchétchène de France et des résidents" de la métropole dijonnaise, a indiqué le préfet de région, Bernard Schmeltz, dans un communiqué.

Les premières échauffourées se sont produites dans la nuit de vendredi à samedi. Ce soir-là, plusieurs individus, parfois armés de barres de fer, de marteaux, de battes de baseball et encagoulés, ont fait irruption place de la République, en plein centre-ville. Ils ont pris pour cible un bar à chicha, le Black Pearl, qui abritait selon eux les agresseurs de l'adolescent, a appris BFMTV de source policière.

Règlement de comptes

"Nous étions une centaine venus de toute la France, mais aussi de Belgique et d'Allemagne", détaille au quotidien local, Le Bien Public, un homme se présentant comme un Tchétchène ayant participé à l'opération. Selon ses déclarations, leurs agissements visaient à venger le "jeune de 16 ans", membre de la communauté et qui aurait été agressé par des dealers.

“Nous n'avons jamais eu l'intention de saccager la ville ni de nous en prendre à la population", affirme-t-il au Bien Public

La nuit suivante, une cinquantaine de Tchétchènes sont retournés à Dijon, cette fois-ci dans le quartier sensible des Grésilles, où une fusillade a éclaté. Un homme, gérant d'une pizzeria, a été grièvement blessé par balles, selon une source policière.

C’est dans ce même quartier que la troisième expédition a eu lieu, dans la nuit de dimanche à lundi, impliquant cette fois-ci quelque 200 Tchétchènes. Des images de cette soirée fiévreuse inondent les réseaux sociaux, montrant notamment une voiture foncer sur un attroupement avant de faire des tonneaux. 

Six blessés

Au total, six personnes ont été blessées lors de ces trois épisodes de violences, et aucune interpellation n’a encore eu lieu, souligne le procureur de Dijon, Eric Mathais.

Face à ces accès de fureur répétés et "inédits", selon le maire François Rebsamen, une demi-section de CRS (37 policiers) et des effectifs de la brigade anticriminalité ont été appelés en renfort dimanche. La préfecture a également décidé ce lundi de dépêcher une centaine de forces de l'ordre à Dijon.

"Des renforts arriveront ce soir (lundi), une ou deux compagnies, afin de sécuriser et rassurer", a déclaré François Rebsamen qui s’est entretenu avec Christophe Castaner pour obtenir ces effectifs supplémentaires. 

Le maire déplore un déficit de policiers à Dijon qui sont “tous affectés à Paris pour sécuriser les manifestations et on nous oublie", glisse-t-il à BFMTV. 

Enquête ouverte pour tentative de meurtre

Une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre en bande organisée, violences volontaires, dégradations aggravées et incitation à la violence, et confiée à la sûreté départementale et la police judiciaire.

En parallèle, des violences impliquant des membres de la communauté tchétchène ont également éclaté à Nice mais, d’après nos informations, ces faits ne sont pas liés aux violences observées à Dijon.

Alexandra Gonzalez avec Ambre Lepoivre