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Affaire Sarah Halimi: Elie Semoun espère "que la loi va changer"

L'acteur Elie Semoun était parmi les manifestants, dimanche, au Trocadéro réclamant justice pour Sarah Halimi. Il se réjouit sur notre antenne de ce rassemblement et espère "que la loi va changer".

Il était ce dimanche, aux côtés de nombreux artistes, dont Michel Jonasz, Patrick Bruel, ou Yvan Attal, sur la place du Trocadéro, pour demander justice pour Sarah Halimi. L'acteur et humoriste Elie Semoun s'est réjoui ce lundi sur BFMTV de ce rassemblement, qui a réuni plus de 25.000 personnes. Il a également confié son espoir que cela fasse changer la loi.

"Ce que je vois, c'est le symbole du rassemblement de toutes ses personnes pour se révolter contre un acte raciste et antisémite. La décision de justice ne nous appartient pas, mais je crois qu'on va dans le bon sens. Macron va dans le bon sens et monsieur Dupond-Moretti va dans le bon sens aussi", a-t-il souligné.

"Vide juridique"

Des personnalités dont Yvan Attal, Pascal Légitimus, Alexandre Arcady, Arthur et Cyril Hanouna ont témoigné dimanche leur "solidarité" envers la famille Halimi et appelé à "changer la loi", à travers des messages diffusés sur un écran géant.

Cette mobilisation fait suite à la confirmation, le 14 avril, par la Cour de cassation, de l'irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, hospitalisé en psychiatrie depuis ce crime. La plus haute juridiction de l'ordre judiciaire a entériné le caractère antisémite du crime, mais confirmé l'impossibilité de juger le meurtrier, gros consommateur de cannabis, compte tenu de l'abolition de son discernement lors des faits.

Dimanche, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti avait annoncé la présentation "fin mai" en Conseil des ministres d'un projet de loi visant à "combler" un "vide juridique".

Incompréhension

Selon les sept experts psychiatriques qui l'ont examiné, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, était en proie à une "bouffée délirante" lorsqu'il a tué sa voisine de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi - alors qu'il n'avait "jamais déliré sous cannabis", notent les experts. La cour d'appel de Paris avait conclu à l'existence d'un trouble psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, ce que la Cour de cassation a jugé conforme au droit.

L'impossibilité d'un procès a suscité une très forte incompréhension au sein d'une partie de la communauté juive française, ciblée par plusieurs attaques meurtrières ces dernières années.

"L'antisémitisme, ça fait des siècles que ça dure", a ajouté Elie Semoun. "Oui ça existe, ça fait peur, le racisme, en règle générale fait peur. Ce genre de manifestations fait du bien."
Magali Rangin avec AFP