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Affaire Karachi: Nicolas Sarkozy entendu comme témoin par la Cour de justice de la République

Nicolas Sarkozy était ministre du Budget à l'époque de la mise en place d'un système présumé de rétrocommission.

Nicolas Sarkozy était ministre du Budget à l'époque de la mise en place d'un système présumé de rétrocommission. - AFP

L'ancien président de la République a été entendu le 2 mai dernier. Alors que l'ancien Premier ministre, Edouard Balladur, a été mis en examen, la justice cherche à connaître le rôle de l'ancien ministre du Budget dans le système de commission mis en place entre la France et le Pakistan.

L'enquête s'accélère autour de l'affaire Karachi. Nicolas Sarkozy a été entendu le 2 mai dernier comme témoin par la commission d'instruction de la Cour de justice de la République, seule juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des infractions commises dans l'exercice de leur fonction. L'ancien ministre du Budget d'Edouard Balladur a été entendu pendant plusieurs heures dans le cadre du volet sur le financement présumé occulte de la campagne électorale de 1995 de l'ex-Premier ministre.

Cette audition, sous le statut de simple témoin, intervient alors qu'en 2014 les deux juges d'instruction en charge du dossier sur l'attentat perpétré il y a quinze ans au Pakistan, avaient estimé qu'aucun indices graves ou concordants n'existaient à l'encontre de l'ancien président de la République, conditions qui auraient été nécessaires pour une mise en examen. Pour autant, la CJR, à qui le dossier a été transmis en juin 2014, pourrait elle, si elle le souhaite, choisir de mettre en examen l'ancien chef de l'Etat ou le placer sous statut de témoin assisté. 

Des proches mis en examen

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget d'Edouard Balladur lorsque le système présumé de rétrocommissions aurait été mis en place, est soupçonné d'avoir donné son aval pour la création d'une entreprise qui aurait pu servir à la gestion de ces rétrocommissions et aurait donné son accord pour la signature de ces contrats controversés d'armement. Des proches de l'ancien chef de l'Etat ont déjà été mis en examen dans ce dossier.

Mardi, l'enquête a franchi un pas avec la mise en examen d'Edouard Balladur pour "complicité et recel d’abus de biens sociaux". L'ancien Premier ministre est soupçonné d'avoir financé une partie de sa campagne présidentielle en 1995 avec les rétrocommissions sur des contrats d'armement passés avec le Pakistan. Après son élection, Jacques Chirac avait mis fin à ce système de commissions, légales à l'époque. La Cour de justice de la République, dont l'existence est menacée par le nouveau gouvernement qui préférerait voir, en vertu de la moralisation de la vie publique, la justice classique se charger de ces dossiers, soupçonne des responsables pakistanais privés de s'être vengés en perpétrant un attentat à Karachi en 2002. 

Justine Chevalier avec Sarah-Lou Cohen