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Affaire Kabou: ouverture du procès pour infanticide sur fond de sorcellerie

Jugée devant la cour d'assises de Saint-Omer à partir de ce lundi, Fabienne Kabou encourt la prison à vie pour l'assasssinat de sa fille. Entre des délires mystiques et une forte altération de ses capacités mentales, la mère était peu entourée dans sa maternité.

Pour Fabienne Kabou, "c'était plus simple comme ça". Le 20 novembre 2013, elle abandonne sa fille sur une plage de Berck-sur-mer, dans le Pas-de-Calais, à la marée montante. La petite Adélaïde, âgée de 15 mois, est retrouvée morte le lendemain par un pêcheur. Jugée pour assassinat à partir de ce lundi devant la cour d’assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, elle encourt la prison à vie.

Entre sorcellerie et altération du discernement

Fabienne Kabou est retrouvée dix jours plus tard, chez elle à Saint-Mandé (Val de Marne). La mère nie d’abord les faits avant d’avouer l’infanticide. Elle affirme alors : "J’ai mis fin à ses jours, parce que c’était plus simple comme ça". Sans attache particulière à Berck, elle dit avoir choisi cette ville pour la "tonalité désagréable du lieu". Quant à la mer, c’était selon elle, le "meilleur accueil" pour sa fille.

Pour justifier son geste, Fabienne Kabou invoque d’abord des raisons matérielles : la prise en charge de sa fille était incompatible avec sa vie de couple. Puis elle en vient à des raisons mystiques. Consultant régulièrement des voyants et guérisseurs, elle décrit aux experts psychiatres l’influence que la sorcellerie a sur elle.

Elle affirme ainsi aux enquêteurs que "la mort de (sa) fille" ne peut "pas être dissociée" d'une sorte de "traque".

"Tout s'est enchaîné parfaitement, tout était huilé, on aurait dit que j'avais le vent dans le dos. C'était comme si je me sentais portée (...), je n'arrivais pas à dire stop", a-t-elle raconté aux enquêteurs.

Elle se dit perturbée par des hallucinations sonores ou visuelles, se représente des défunts de sa famille qui contrarient son existence.

Toutefois, aucun des experts psychiatres ne conclut à l'irresponsabilité de Fabienne Kabou, certains évoquant cependant l'hypothèse d'une forte altération de ses facultés mentales lors du passage à l'acte.

Un père peu impliqué

Le contexte dans lequel Fabienne Kabou a éduqué sa fille sera aussi un élément central du procès. Son compagnon et le père d’Adélaïde, Michel Lafon, s’est constituée partie civile. Ancien cadre dans l’industrie âgé de 69 ans et sculpteur amateur, il vit avec Fabienne Kabou dans son atelier de Saint-Mandé.

Montrant peu d’implication dans la vie de sa fille et la maternité de sa compagne, Michel Lafon montre, d’après le juge cité dans Le Parisien, une certaine passivité face à sa fille ainsi qu’une absence totale de curiosité. 

Une enfant qui n'existe pas

C’est dans la salle de bain que naît Adélaïde, sans assistance médicale. Officiellement, la fillette n’existe pas, aucun document n’atteste de son identité.

Les parents de Fabienne Kabou découvre l’existence de leur petite-fille le jour de sa mort, tout comme la première épouse et première fille de Michel Lafon.

M.L. avec AFP