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Affaire Geneviève Legay: Attac réclame la démission du procureur de Nice et du préfet

Geneviève Legay, lors d'une manifestation des gilets jaunes à Nice, le 23 mars 2019.

Geneviève Legay, lors d'une manifestation des gilets jaunes à Nice, le 23 mars 2019. - Valery HACHE / AFP

Alors que la militante d'Attac est toujours hospitalisée, l'association exige le dépaysement de l'affaire ainsi que la démission de Christophe Castaner.

Geneviève Legay, la militante d'Attac blessée lors d'une manifestation des gilets jaunes le 23 mars dernier a tenu une conférence de presse en fin de matinée ce lundi à Nice. Toujours hospitalisée, elle a exprimé sa volonté de continuer la mobilisation contre la politique d'Emmanuel Macron. Ses soutiens ont exigé la démission du ministre de l'Intérieur.

Les gilets jaunes, ce "mouvement magnifique"

Devant la cour de l'unité de convalescence du CHU de Nice, la militante âgée de 73 ans a tenu à marquer son attachement à ce "mouvement magnifique" qu'est celui des gilets jaunes. Elle a vivement critiqué les annonces faites par le président de la République lors de sa conférence de presse jeudi dernier, qui d'après elle, ne fait que "répondre aux banquiers et aux entreprises du CAC 40" mais n'a apporté aucune solution pour "plus de justice fiscale, sociale, écologique et de services publics".

"Il nous méprise depuis deux ans. Pour Macron, seuls les riches comptent", a-t-elle tranché.

"On la voit arriver cette dictature"

Concernant les violences policières qu'elle a subies il y a plus d'un mois, la manifestante a déclaré: "On la voit arriver cette dictature." Egalement présent, le porte-parole d'Attac Rapahel Radeau a fait une déclaration dans laquelle il a exigé le dépaysement de l'affaire. Une demande sur laquelle doit se prononcer prochainement la cour de Cassation.

Le procureur de la République de Nice est vivement critiqué depuis qu'il a déclaré que Geneviève Legay n'avait pas été blessé par les forces de l'ordre, avant de rétropédaler quelques jours plus tard en annonçant que "l’analyse fine, pixel par pixel, d’images de vidéosurveillance de la ville de Nice" montre que la victime est tombée à cause "d'un geste d’écartement du bras" d’un policier.

12.000 euros récoltés

L'association exige également la démission du préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, qui a été muté en Seine-Saint-Denis depuis le 10 avril dernier, ainsi que la démission du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. De nouvelles plaintes devraient bientôt être déposées "au nom de Geneviève Legay visant l'ensemble de ceux qui ont pu donner des ordres".

Le porte-parole d'Attac a par ailleurs fait savoir que l'appel aux dons lancé pour soutenir les frais de justice de Geneviève Legay a permis de récolter 12.000 euros. La cagnotte sera clôturée mardi soir.

Esther Paolini