BFMTV

Affaire du "bijoutier de Nice": l'un des braqueurs face à la justice

Le bijoutier a tiré à trois reprises touchant mortellement l'un de ses agresseurs.

Le bijoutier a tiré à trois reprises touchant mortellement l'un de ses agresseurs. - Jean-Christophe Magnenet - AFP

Le 11 septembre 2013, Stéphan Turk, bijoutier à Nice, tuait l'un de ses braqueurs. Le complice présumé est jugé à partir de lundi.

Il sera seul dans le box des accusés. Ramzi Khachroub comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le braquage de la bijouterie "La Turquoise" à Nice en 2013. Même s'il nie toute participation, le jeune homme de 22 ans devra répondre de "vol avec arme", "port ou transport prohibé de matériel de guerre" et "recel de vol". Un vol commis avec l'aide d'un complice, Antony Asli, touché mortellement par un tir du bijoutier. Il s'agit du premier volet de ce fait divers devenu "l'affaire du bijoutier de Nice".

Le 11 septembre 2013 vers 9 heures, Antony Asli et Ramzi Khachroub pénètrent dans le modeste commerce, situé rue d'Angleterre. Ils rouent de coups le bijoutier, Stéphan Turk pour le forcer à ouvrir son coffre. Les deux malfaiteurs s'enfuient avec les bijoux. L'un d'en eux, Antony Asli, s'effondre à 200 mètres de la boutique. Il vient d'être atteint par une balle tiré par le commerçant alors que ses agresseurs venaient de grimper sur un scooter.

Des traces ADN sur un bidon

Ramzi Khachroub est arrêté deux mois plus tard à son domicile à Carros, dans les Alpes-Maritimes. Il est soupçonné d'être le conducteur du deux-roues ce fameux jour de 2013. Ce qu'il nie en bloc. Des traces ADN ont été découvertes sur un bidon d'eau de javel qui a servi à nettoyer le scooter incriminé. Son départ pour la Tunisie au lendemain du braquage a également éveillé des soupçons.

Mais le bijoutier est incapable de l'identifier formellement. Le malfaiteur était casqué au moment du casse et les bijoux restent introuvables. Aux côtés de Ramzi Khachroub, un autre jeune homme, Alexandre De Matos, comparaît pour "complicité de vol". Il est soupçonné d'avoir prêté une paire de gants et une cagoule à Antony Asli, le braqueur tué. 

Ancien combattant

A partir de lundi jusqu'à vendredi, le bijoutier, Stéphan Turk, va être assis sur le banc des parties civiles. Dans quelques mois, c'est lui qui se retrouvera dans le box des accusés où il comparaîtra pour "homicide volontaire" pour le meurtre d'Antony Asli. Lors d'une reconstitution organisée en avril 2015, il a montré aux enquêteurs comment, depuis son magasin, cet ancien chef d'une faction combattante pro-palestinienne avait tiré à trois reprises sur ses agresseurs.

Cette réaction a crée en 2013 un véritable fait de société. Pour certain, Stéphan Turk apparaît comme un héros, pour d'autre il s'agit simplement d'un criminel. La page Facebook "Soutien au bijoutier de Nice" compte toujours 1,4 million de mention "J'aime". Des rassemblements s'étaient organisés pour défendre le commerçant. Pourtant pour des raisons de sécurité, l'homme de 66 ans vit désormais reclus. La bijouterie "La Turquoise" n'a jamais rouvert.

J.C.