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Affaire Bettencourt: pourquoi le parquet a requis un non-lieu pour Woerth

Selon "Le Monde", le parquet a requis un non-lieu en faveur d'Eric Woerth et Patrice de Maistre contre l'avis de la magistrate en charge du dossier.

Selon "Le Monde", le parquet a requis un non-lieu en faveur d'Eric Woerth et Patrice de Maistre contre l'avis de la magistrate en charge du dossier. - -

Le 10 mai dernier, le parquet a requis un non-lieu envers Éric Woerth et le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Selon "Le Monde", c’est un renvoi en correctionnelle que voulait demander le parquet, avant que le procureur général intervienne en faveur du non-lieu.

Le parquet de Bordeaux avait décidé de renvoyer Eric Woerth devant le tribunal correctionnel, avant de changer brutalement de position pour le faire bénéficier d’une réquisition de non-lieu dans un volet de l’affaire Bettencourt, dévoile mercredi Le Monde. En cause, la décision du procureur général près la cour d'appel de Bordeaux, André Ride, opposée à celle de la magistrate chargée de régler le voler judiciaire de l'affaire instruite 

Eric Woerth et Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de fortune des Bettencourt, sont poursuivis pour "trafic d’influence passif et actif". Eric Woerth est accusé d'avoir délivré la légion d’honneur à Patrice de Maistre, en échange d’un emploi pour l’épouse de Woerth dans une société de Liliane Bettencourt

C’est une magistrate de Bordeaux qui est chargée de traiter le dossier de l’ancien ministre du Budget. Début mai, elle remet au procureur de la République Claude Laplaud son projet de réquisitoire. Pour elle, les charges pesant sur les deux hommes justifient leur renvoi devant le tribunal correctionnel.

Eric Woerth n’aurait pas dû bénéficier d’un non-lieu dans l’affaire Bettencourt : c’est l’information que dévoile Le Monde mercredi.

C’est une magistrate de Bordeaux qui était chargée de traiter le dossier de l’ancien ministre du Budget. Un dossier épais, comme le rappelle Le Monde : Eric Woerth et Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de fortune des Bettencouirt, sont poursuivis pour trafic d’influence passif et actif. Eric Woerth avait délivré la légion d’honneur à Patrice de Maistre, en échange d’un emploi pour l’épouse de Woerth dans une société de Liliane Bettencourt

Début mai, elle remet au procureur de la République Claude Laplaud, son projet de réquisitoire. Pour elle, les charges pesant sur les deux hommes justifient leur renvoi devant le tribunal correctionnnel.

"Nous n'étions pas d'accord avec l'analyse de la magistrate"

Mais une fois ses conclusions transmises au procureur, celui-ci les transmet à son tour à son supérieur hiérarchique, le procureur général de la cour d’appel de Bordeaux, André Ride. Ce dernier, selon Le Monde, aurait fait savoir à Claude Laplaud que le réquisitoire de la magistrate ne lui convenait pas, et qu’il fallait requérir un non-lieu envers les deux hommes.

Mais devant le refus de la magistrate de modifier son document, c'est Claude Laplaud qui a dû le reprendre et en changer les conclusions. Or Le Monde rappelle que si le procureur général peut enjoindre à ses subordonnés d'engager des poursuites, "il n’est pas autorisé à ordonner à ses subordonnés de mettre fin à des poursuites judiciaires".

De son côté, André Ride, ancien conseiller d'Alain Juppé à Matignon en 1995, où il a cotôyé Eric Woerth, assure n’avoir "jamais donné d’instructions formelles sur ce dossier", même s’il reconnaît en avoir "discuté collectivement avec mon avocat général et Claude Laplaud." "Nous n’étions pas d’accord avec l’analyse de la magistrate du parquet", admet-il.


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A. K.