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Affaire Benalla: Mediapart livre un enregistrement inédit à la justice et en révèle le contenu

Jean-Maurice Bernard, président de la société Velours

Jean-Maurice Bernard, président de la société Velours - BFMTV

Conformément à ce qu'avait annoncé la direction de Mediapart lundi lors d'une conférence de presse consécutive à la tentative de perquisition dans ses locaux, à laquelle s'étaient opposés les journalistes, la rédaction indique ce mardi avoir transmis sept enregistrements à la justice. Ils ont été captés le 26 juillet lors d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, et l'un d'eux est inédit. Les deux hommes y parlent de détruire des éléments pouvant intéresser les enquêteurs.

Ils l'avaient annoncé lundi, au cours d'une conférence de presse organisée dans la foulée d'une tentative de perquisition à laquelle ils s'étaient opposés, et ont confirmé la nouvelle ce mardi. Les journalistes de Mediapart viennent de publier un article dans lequel ils déclarent s'être conformés à la réquisition émise par les juges en charge du volet 1er-Mai de l'affaire Benalla. Ils leur ont en effet livré sept enregistrements de la conversation tenue de vive voix le 26 juillet dernier à Paris entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, ancien responsable de la sécurité de La République en marche. Sur ces sept fichiers, captés lors de cette rencontre violant le contrôle judiciaire auquel les deux hommes étaient pourtant astreints, six avaient été publiés dans l'enquête parue le 31 janvier dernier, et le septième était jusqu'ici inédit. 

"Et on efface tout à chaque fois"

Le site d'investigation a également dévoilé le contenu de ce nouvel extrait. Alexandre Benalla y parle ouvertement de son implication dans l'établissement d'un contrat de sécurité passé avec un oligarque russe proche de Vladimir Poutine, alors qu'il travaillait encore à l'Elysée. Dans cette partie de la discussion, Vincent Crase et son interlocuteur évoquent tout bonnement la suppression d'éléments pouvant intéresser les enquêteurs. 

Alexandre Benalla lance ainsi:

"Et on efface tout à chaque fois. T'as effacé tout ce qu'il y avait dans ton téléphone?" A quoi Vincent Crase répond, faisant notamment référence au nom de la société censée piloter le contrat avec le milliardaire russe: "Bah, tout ce qui concerne Velours... Bien sûr, bien sûr... Chez les flics, ils ont pas pu regarder mon téléphone parce que je l'éteignais et je le rallumais à chaque fois. Ils n'ont pas mon code, hein. Et puis, franchement, les trois flics n'étaient pas contre moi, loin de là même. Le major qui a tenu l'enquête me disait que ça le faisait vraiment chier de faire ça". 

Brouillons 

Par ailleurs, Vincent Crase dit encore lors de ce rendez-vous, comme un extrait précédemment mis en ligne l'avait rendu public: "Apparemment, y a une perquis' (dans les locaux de LaREM). Toutes mes affaires sont là. J'essaierais bien d'y aller cette nuit, mais le problème, c'est qu'il y a des flics devant...". 

Enfin, cette nouvelle publication de Mediapart jette la lumière sur un procédé utilisé par les individus pour rester en contact avec davantage de discrétion. Ils se connectaient l'un l'autre à une même boîte mail et y laissaient des messages en brouillon. 

Robin Verner