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Affaire Benalla: le couple de la Contrescarpe jugé ce vendredi pour les violences du 1er mai

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été filmé en train de molester le couple place de la Contrescarpe à Paris.

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été filmé en train de molester le couple place de la Contrescarpe à Paris. - AFP

Un homme et une femme sont jugés ce vendredi par le tribunal correctionnel de Paris pour des violences envers des policiers lors de la manifestation du 1er-Mai. Deux prévenus filmés quelques minutes après ces violences présumées en train de se faire molester par Alexandre Benalla.

Il s'agit du point de départ de la désormais délicate affaire Benalla: les violences de la place de la Contrescarpe. Deux jeunes gens sont jugés ce vendredi par le tribunal correctionnel de Paris, soupçonnés d'avoir jeté un cendrier et une bouteille d'eau sur des policiers lors de la manifestation parisienne du 1er-Mai. Point de départ qui aurait déclenché l'intervention musclée de celui qui était à l'époque chargé de mission de l'Elysée.

Georgios D., cuisinier grec de 29 ans, et Chloé P., graphiste française de 30 ans, ont été placées en garde à vue au mois d'octobre dernier dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet de Paris, cinq mois après les faits. Ce 1er mai, ils ont reconnu s'être trouvés place de la Contrescarpe quand la situation s'est tendue. Selon leurs versions, ils se sont retrouvés au coeur d'une charge des CRS. Dans une réaction "irréfléchie", qu'ils disent désormais regretter, avait fait valoir leur avocat, le premier avait lancé une carafe d'eau contre les policiers et la seconde un cendrier.

"Ce qui est important pour eux, c'est de décrire à nouveau leur journée et d'expliquer ce qui les a conduits à jeter ces projectiles, estime Me Sahand Saber, leur avocat. Ce qui est important pour eux aussi c'est d'établir une bonne fois pour toutes qu'ils ne sont pas des casseurs, qu'ils ne sont pas venus manifester mais qu'ils avaient bien leurs habitudes dans ce quartier-là. Comprendre que le profil qu'on a pu donner d'eux n'était pas le bon et qu'ils ne sont pas des personnes dont on peut craindre un danger à l'avenir."

Laissés libres le 1er mai

Sans les révélations du Monde à l'été, début des révélations sur les agissements d'Alexandre Benalla, le couple aurait sans doute échappé à des poursuites et ne comparaîtrait pas ce vendredi. En effet, au soir du 1er mai après leur interpellation musclée par le proche de la présidence, présent initialement sur la manifestation en qualité d'observateur, ils ont été conduits au commissariat pour des vérifications d'identité. Ils étaient alors ressortis libres.

Mais le 31 juillet dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "violences commises à l'encontre des personnes dépositaires de l'autorité publique". Une procédure enclenchée à la suite de la diffusion de vidéos montrant Alexandre Benalla et Vincent Crase, alors chargé de la sécurité du parti LaREM, en train de molester les deux jeunes gens. Chloé P. et Georgios D. sont par ailleurs parties civiles dans l'enquête visant Alexandre Benalla. Pour ce procès, ils encourent chacun jusqu’à 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.
Justine Chevalier