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Ado happée par un train en 2010: la SNCF mise en examen

Des trains express régionaux (TER) de la région Basse-Normandie à quai.

Des trains express régionaux (TER) de la région Basse-Normandie à quai. - Mychele Daniau - AFP

Justine a été percutée par un train en juillet 2010 à la gare d'Audrieu dans le Calvados, alors qu'elle traversait les voies sur un passage aménagé. Cinq ans après les faits, la SNCF a été mise en examen pour "homicide involontaire".

La mère de Justine, 17 ans, morte happée par un train en gare d’Audrieu dans le Calvados en 2010, aura attendu cinq ans avant d'obtenir "une reconnaissance". La juge du Tribunal de Grande Instance de Caen a signifié à SNCF Mobilité et SNCF Réseau leur mise en examen pour "homicide involontaire", rapporte mercredi RTL

"Il a fallu cinq ans pour que j’obtienne enfin ce que je souhaite, une reconnaissance. La reconnaissance qu’il y a eu manquement ce jour-là à la halte ferroviaire d’Audrieu et que ma fille n’aurait jamais dû mourir en descendant de son train et en traversant les voies sur un plancher en bois", explique au micro de RTL Sandrine Colette.

Non-lieu début 2015

Ces mises en examen datent du 5 juin, a indiqué un porte-parole de la SNCF. Ce dernier a ajouté que la Cour d'appel a demandé "il y a quelques jours" un supplément d'instruction, à l'issue duquel un renvoi devant le tribunal pourra éventuellement être décidé.

Une information judiciaire avait été ouverte en décembre 2010, et la juge d'instruction avait dans un premier temps, début 2015, rendu une ordonnance de non lieu. "Nous avons contesté ce non lieu, la chambre d'instruction de la cour d'appel a infirmé cette ordonnance de non lieu et sollicité la mise en examen de RFF et SNCF", a détaillé Me Gabriel Sibout, avocat de la mère de la victime.

Percutée à plus de 150 km/h

Le 2 juillet 2010, Justine, qui descendait d'un train avec son vélo en gare d'Audrieu a été percutée par un train roulant à plus de 150 km/h. Celui-ci passait en gare alors qu'elle traversait la voie ferrée en milieu de journée sur un passage aménagé, marqué au sol par des planches de bois. Le train dont l'adolescente venait de descendre était reparti, masquant semble-t-il celui qui arrivait.

La mère de la jeune fille avait porté plainte quelques jours plus tard contre la SNCF, pour "homicide involontaire". En juin 2012, Sandrine Colette réussit à obtenir la sécurisation de la halte ferroviaire d’Audrieu, (gare où a eu lieu l'accident) d’une passerelle piéton pour que les usagers puissent traverser les voies sans danger.

SNCF Réseau et SNCF Mobilité peuvent encore faire appel de la décision du juge.

M.G.