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Accident de car dans le Doubs: le point sur l’enquête

A Pontarlier, dans le Doubs, remorquage du car accidenté, mercredi 10 février 2016.

A Pontarlier, dans le Doubs, remorquage du car accidenté, mercredi 10 février 2016. - Fabrice Coffrini - AFP

La sortie de route d'un car scolaire mercredi près de Montbenoît, dans le Doubs, a fait deux morts, des adolescents de 12 et 15 ans, et sept blessés. Le chauffeur, un homme de 25 ans, a été placé en garde à vue. Deux enquêtes ont été ouvertes.

Deux adolescents de 12 et 15 ans ont été tués et sept personnes blessées mercredi matin près de Montbenoît, dans le Doubs, dans un tragique accident d'autocar scolaire, probablement dû à de mauvaises conditions météorologiques.

La vitesse en cause?

Le car, qui transportait 32 enfants, se rendait au collège Lucie-Aubrac dans la commune de Doubs, voisine de Pontarlier, à quelques kilomètres de la frontière suisse. Pour une raison inconnue, le véhicule a quitté la chaussée, couverte de deux centimètres de neige, et s'est couché sur le flanc.

L'autocar, qui circulait sur une voie étroite entre une montagne et une rivière, n'est pas entré en collision avec un autre véhicule. Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait glissé avant de se renverser. D'après des enfants présents à bord de l'autocar, des vitres du véhicule ont explosé au moment du choc et le pare-brise avant n'a pas résisté. Les conditions de circulation, bien que difficiles, étaient considérés comme normales et la route avait été déneigée le matin.

Selon le témoignage du père d'un collégien de Longeville qui se trouvait dans le car, recueilli mercredi par L'Est Républicain, "les gamins ont tous dit que le car roulait trop vite."

Le chauffeur placé en garde à vue

La procureure de Besançon, Edwige Roux-Morizot, a déclaré à l'AFP que le chauffeur avait été placé en garde à vue pour "homicides et blessures involontaires". Le bilan de l'accident, a-t-elle dit, est de deux adolescents tués, un garçon de 12 ans et une fille de 15 ans, et sept blessés transportés à Pontarlier: trois hospitalisés après l'accident, dont le chauffeur, et quatre autres pris en charge par la suite pour des malaises.

"Les premiers examens ont permis d'établir que le chauffeur roulait à une vitesse de plus de 70 km/h, sur une portion de route limitée à 90 km/h dans des conditions normales", a précisé la procureure de Besançon. "La vitesse n'est pas excessive en soi dans des conditions normales, mais toute la question est d'établir si la vitesse était excessive compte tenu de la météo", a-t-elle souligné, ajoutant que le car avait glissé à la sortie d'un virage, heurté un talus avant de basculer sur le côté.

"Il y a probablement des circonstances atmosphériques, peut-être une question de vitesse, mais cela l'enquête le dira", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, qui s'est rendu sur place.

Deux enquêtes ouvertes
Deux enquêtes, l'une menée par le parquet de Besançon et l'autre par le Bureau d'enquêtes et d'analyses du transport terrestre (BEA-TT), ont été ouvertes pour "tirer des conséquences et des explications", a ajouté Alain Vidalies.

Les tests d'alcool et de stupéfiants, effectués sur le chauffeur de 25 ans, originaire de Marseille, se sont révélés négatifs. Il avait obtenu son permis chauffeur en 2015 et travaillait depuis décembre dans la société de transport. L'autocar avait fait l'objet de vérifications techniques en décembre 2015 et en janvier 2016, a déclaré Alain Vidalies. Le chronotachygraphe du car a été confié à la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) de Franche-Comté. 

Le port de la ceinture de sécurité par les enfants est "une des questions qui se posent aujourd'hui", a relevé le secrétaire d'Etat. "Naturellement, le car était équipé (en ceintures, Ndlr). Est-ce que les enfants étaient attachés ou pas? On ne sait pas. Donc, il va falloir entendre probablement les enfants", a-t-il ajouté.

Emotion au collège Lucie-Aubrac

Au collège Lucie-Aubrac de Doubs, une cellule d'écoute avec des psychologues et une infirmière scolaire a été mise en place, a précisé à l'AFP le principal adjoint, Franck Lucea. "On essaie de maintenir au maximum une activité normale dans l'établissement", de 635 élèves, a-t-il ajouté. Une cellule médico-psychologique a également été activée à la salle des fêtes de Montbenoît, où étaient regroupés les enfants indemnes.

Devant l'établissement jeudi matin, un père qui connaît très bien les parents des victimes, Mathis et Laureen, était en larmes.

"On est parents d’élèves. Ma fille aurait pu être dedans", a-t-il dit au micro de BFMTV. "Les parents, on les connaît. J’ai appelé pas mal de monde hier soir pour prendre des nouvelles. On ne peut pas revenir en arrière..." 

Une femme, dont la cousine connaissait les deux adolescents, faisait aussi part de son émotion. "Ma cousine connaissait les deux victimes. Hier ça l’a beaucoup touchée. Elle n’arrêtait pas de nous en parler. (...) C’est un drame, ça touche tout le monde."

"Ça m’a choqué, parce que c’était un copain", a de son côté confié un ami de Mathis, ajoutant avoir désormais "très peur de prendre le bus". "Apprendre qu’il est décédé, ça m’a fait très très mal au coeur. Je n’ai pas de mots. C’était un ami classe, un bon pote, il rigolait toujours. (...) Ça aurait pu être moi."

Le président François Hollande a indiqué, dans un communiqué, que "toute la lumière sera(it) faite sur les circonstances de ce drame" et a adressé "aux proches des victimes (ses) sincères condoléances", les assurant de "la solidarité de toute la Nation". Le Premier ministre Manuel Valls a exprimé sur Twitter son "immense tristesse". 
V.R. avec AFP