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A Saint-Denis, les guerres de bandes franchissent les portes des établissements scolaires

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Depuis la rentrée scolaire, élèves et enseignants de Saint-Denis font face à des rivalités entre deux bandes qui se mènent une guerre quotidienne, jusque dans les établissements scolaires. Des élèves refusent d'aller en cours, professeurs et parents d'élèves demandent plus d'agents de sécurité et de médiation.

Elèves, professeurs et parents vivent un calvaire. A 7 kilomètres au nord de Paris, dans le quartier d'Allende et la Saussaie-Floréale-La Courtille à Saint-Denis, la violence entre adolescents est devenu un fléau. Les rivalités ne se mènent plus seulement dans la rue mais s'invitent au sein même des établissements scolaires. Elise, professeur d'EPS, a ainsi été témoin d'une agression en plein cours jeudi dernier au stade situé à l'extérieur du collège Henri Barbusse.

"On a eu la visite d'un groupe de jeunes qui voulaient s'en prendre à un de nos élèves. Il y a eu une altercation physique et ensuite j'ai essayé d'appeler du renfort. J'étais un peu partagée entre régler ce problème-là, essayer de gérer mes autres 24 élèves et essayer aussi de rentrer au plus vite pour être en sécurité", explique l'enseignante. 

Cet incident est la quatrième attaque depuis la rentrée scolaire au stade, ou à proximité du collège. Les parents et professeurs dénoncent une situation si angoissante que certains élèves préfèrent sécher les cours. 

Bombes lacrymogènes et couteaux au collège

"Nous avons des élèves qui vont être plus absents parce qu'ils ne veulent pas faire le trajet de chez eux jusqu'au collège", constate Ludovic Chapsal, professeur de physique-chimie à Henri Barbusse. Certains élèves viennent désormais armés au collège.

"C'est vrai que cette année nous avons par rapport aux années précédentes, des élèves qui rentrent avec des armes dans le collège, notamment des bombes lacrymogènes et des couteaux. Ils se justifient en disant: il faut bien qu'on puisse se défendre sur le trajet quand on se fait courser ou quand on veut nous agresser", poursuit l'enseignant. 

A 1 kilomètre de là, les mêmes incidents ont lieu au lycée Bartholdi. Il y a un mois, une dizaine de jeunes ont tenté d'entrer dans la cour et jettant des bombes lacrymogènes sur les surveillants et lycéens. Ici aussi, certains élèves ne se sent plus en sécurité.

"S'ils viennent maintenant, il n'y a personne autour du lycée qui peut nous sécuriser. On a toujours peur quand on sort, parce qu'on ne sait pas quand ils peuvent revenir", explique une élève. 

Ceux qui sont craints par ces élèves sont des jeunes âgés de 13 à 17 ans, issus de quartiers rivaux, proches de ce lycée. D'un côté la cité d'Allende et celle de Saussaie-Floréal-La Courtille, surnommée SCF.

Deux cités rivales se livrent une guerre de territoire à Saint-Denis.
Deux cités rivales se livrent une guerre de territoire à Saint-Denis. © BFMTV

"Il a été roué de coups gratuitement"

Cette guerre de territoire prend toujours plus d'ampleur. Depuis quelques mois, même ceux qui ne participent pas sont visés simplement parce qu'ils habitent la cité opposée. Le fils de Myriam, qui habite SFC a ainsi été agressé deux fois depuis la rentrée à la sortie des cours.

"La deuxième fois ils étaient un groupe d'amis à sortir ensemble du lycée et dans sa course il a été rattrapé et roué de coups, comme ça, gratuitement. C'était même pas pour lui voler ses affaires", raconte cette maman qui rencontre régulièrement plusieurs autres mères de famille du quartier.

Ces parents d'élèves demande plus de personnel dans les établissements mais aussi des médiateurs dans les rues pour que les enfants puissent comme les autres aller à l'école en sécurité.
C. B avec Audrey Alos, Stéphane Beaugeard, Kelly Laffin