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3.469 morts sur les routes en 2016, une 3e année de hausse consécutive

Circulation sur l'autoroute. Photo d'illustration.

Circulation sur l'autoroute. Photo d'illustration. - Jeff Pachoud - AFP

3.469 morts sur les routes en 2016 contre 3.461 en 2015, l'augmentation est légère mais réelle. En outre, il s'agit de la troisième année consécutive de hausse de la mortalité routière.

3.469 morts. C’est l’estimation que l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publiée ce lundi s’agissant de la mortalité sur les routes pour l’année 2016. Ce chiffre, qui ne sera définitif qu’au printemps, traduit une stabilisation, ou plutôt une légère hausse. En 2015, en effet, 3.461 personnes avait été tuées dans la circulation, soit huit morts (0,2%) de moins.

L’augmentation prend des contours plus nets si l’on considère le nombre d’accidents corporels. Il y en avait eu 56.603 en 2015, il y en a eu 57.251 en 2016. L’examen du nombre des blessés conduit au même constat: on est passé de 70.802 blessés à 72.199 personnes touchées pour l’année qui vient de s’écouler. Il s’agit d’une hausse de 2% dans ce domaine.

Du mieux pour les automobilistes

Mais le détail de ces estimations oblige à quelques nuances. On observe une stagnation de la mortalité pour les motards, une hausse de la mortalité chez les cyclistes et les piétons, populations particulièrement vulnérables, mais une baisse des décès parmi les usagers de cyclomoteurs et d’automobiles.

Ainsi, 72 piétons et 10 cyclistes supplémentaires ont trouvé la mort sur les routes en 2016, soit une augmentation de 7%. Ces derniers, auxquels on ajoute les cyclomotoristes et les motocyclistes représentent 42% des individus ayant perdu la vie dans un accident lié au trafic en 2016, et cette statistique est sans commune mesure avec leur présence, très faible, dans la circulation.

Les usagers juchés sur quatre roues ont, quant à eux, connu une meilleure fortune lors de cette exercice. 1.796 d’entre eux étaient morts en 2015, ils ont été cette fois-ci 1.759, soit une réduction de 2%. Néanmoins, les routiers ont été 61 à perdre la vie, contre 56 précédemment.

Il existe une forte disparité des situations en fonction de l’âge également. Si 601 jeunes sont morts, la sécurité routière peut tout de même apprécier une chute de 9% de la mortalité chez les enfants et adolescents et de 3% parmi les 18-24 ans. A l’inverse, les séniors, catégorie la plus frappée en 2016, ont enregistré une hausse de 6% des morts sur les routes. L’an passée, 878 personnes âgées de plus de 65 ans en ont été les victimes.

Une première depuis 1972

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a choisi dans un premier temps de mettre en avant la relative stagnation de ces données tragiques. Devant le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), il a déclaré:

"L'année 2016 s'inscrit dans une tendance à la stabilisation, sans malheureusement cette rupture qu'on était en droit d'attendre de par notre engagement au cours des deux années de hausse de 2014 et 2015".

Il a toutefois réaffirmé la volonté de l’Etat de voir le nombre de morts dans le trafic passer sous la barre des 2.000 disparitions en 2020.

Mais ce bilan, certes provisoire, sonne comme un désaveu pour la politique du gouvernement en matière de sécurité routière. Tout d’abord, cette augmentation intervient après la mise en vigueur de deux plans successifs, en janvier puis en octobre 2015. On compte parmi ces mesures l’interdiction du kit mains libres au volant ou encore l’abaissement du taux d’alcoolémie pour les conducteurs novices (0,2 gramme par litre de sang), ou encore l’augmentation de nombre des radars.

Enfin, cette hausse de la mortalité routière se poursuit depuis trois années consécutives: "C'est un quinquennat funeste et historique. Trente gouvernements successifs n'avaient pas réussi à accumuler trois années de mauvais résultats", s’est agacée Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière.

Aucun exécutif n’avait connu trois années consécutives d’augmentation des morts sur les routes depuis 1972.

R.V. avec AFP