BFMTV

13-Novembre: des familles de victimes veulent faire juger le chef de Daesh

Le leader de Daesh Abou Bakr al-Baghdadi, en avril 2019.

Le leader de Daesh Abou Bakr al-Baghdadi, en avril 2019. - AFP / AL-FURQAN MEDIA

Cinq avocates de parties civiles demandent aux juges d'instruction en charge de l'enquête sur les attentats qui ont fait 131 morts de délivrer un mandat d'arrêt international à l'encontre d'Abou Bakr al-Baghdadi. Ce dernier pourrait actuellement se trouver en Libye.

Il est à la tête de l'organisation terroriste ayant revendiqué l'attentat le plus meurtrier sur le sol français, mais n'est pour l'instant pas inquiété par la justice. Cinq avocates de victimes du 13-Novembre interpellent les juges d'instruction en charge de l'enquête afin de poursuivre Abou Bakr al-Baghdadi, révèle ce jeudi France Inter. Elles estiment que le chef de Daesh est "a minima complice" des attaques ayant fait 131 morts le 13 novembre 2015, à Paris et Saint-Denis.

Appel à combattre "l'humiliation" des musulmans

Selon les informations de la radio, les représentantes des victimes, constituées partie civile, ont envoyé une "note de quatre pages" pour réclamer la délivrance d'un mandat d'arrêt international à l'encontre de celui qui se présente comme le "calife" de Daesh.

Ce dernier peut être poursuivi, selon elles, dans le cadre de l'article 121-7 du Code pénal qui considère comme "complice d'un crime ou d'un délit, la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation" ou qui "par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre". 

La provocation serait constituée dans les discours d'al-Baghdadi, dès la création du califat en 2014, lorsqu'il appelait à combattre "l'humiliation et le massacre des musulmans dans le monde", "terrifier les ennemis d'Allah", ou encore à "chercher la mort dans les endroits où vous pouvez la trouver" comme le rapporte un article du Monde de l'époque.

Pour le symbole

Les cinq avocates se reposent également sur une rencontre entre Abdelhamid Abaaoud, l'un des auteurs présumés des attentats parisiens, avec le chef de l'organisation terroriste, révélée par le journaliste Mathieu Suc dans son livre Les espions de la terreur. C'est durant cette entretien en Irak qu'aurait été choisi la date des attaques, le 13 novembre donc.

Si les parties civiles ont bien conscience que la présence d'al-Baghdadi au procès qui devrait avoir lieu en 2021 est "peu probable", le symbole est, jugent-elles, important. Surtout, le poursuivre pourrait permettre "d'examiner de manière approfondie le fonctionnement de Daesh", selon Maître Frédérique Giffard auprès de France Inter. 

Cellules dormantes

En juillet dernier, l'ancien ministre irakien de l'Intérieur Baqir Jabr al-Zubaidi avait déclaré avoir reçu des informations attestant que le chef de Daesh se trouvait en Libye et qu'il allait "bientôt diffuser un discours appelant à réactiver des cellules dormantes en Irak", explique France Info.

Actuellement, 20 personnes sont mises en examen dans le dossier des attentats du 13-Novembre, dont Salah Abdeslam, présenté par la justice comme l'unique participant aux tueries encore en vie.

Esther Paolini