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Yann Moix: Bernard-Henri Lévy s'exprime pour la première fois et prend la défense du polémiste

Bernard Henri Lévy

Bernard Henri Lévy - Kenzo Tribouillard -AFP

Dans une lettre ouverte, l'écrivain prend la défense de Yann Moix, estimant qu'il a changé.

Bernard Henri-Lévy a pour la première fois évoqué la polémique autour de Yann Moix dans une lettre ouverte publiée ce dimanche par Le Point. L'écrivain, qui dit croire "au repentir et à la réparation", y prend la défense de l'éditorialiste, sous le feu des critiques depuis l'exhumation de textes et dessins antisémites.

BHL y raconte avoir été informé "de l'existence de ces fameuses BD" où il apparaît "sous des traits infâmes". L'oeuvre, selon lui, "non d'un 'paumé', ou d'un 'petit con', mais d'un antisémite".

"J'ai eu des explications musclées avec l'intéressé qui me confirma la réalité de cette part d'ombre; qui trouva des mots qui me parurent sincères pour dire la honte que, désormais, ces insanités lui inspiraient", écrit Bernard Henri-Lévy, qui dit avoir vu son ami s'engager dans "un longue aventure intérieure dont l'enjeu devait être de traiter le mal par le bien et de l'arracher, une bonne fois, à ses anciens penchants criminels".

Un authentique travail sur soi

L'écrivain se penche ensuite le "changement profond de l'âme" et la "conversion intellectuelle" de Yann Moix, de sa lecture du "Testament de Dieu" ou encore de son apprentissage de l'hébreu. "Un vrai cheminement de pensée", selon lui.

"Un homme qui a, jadis, commis pareilles bassesses peut-il réellement changer?", demande Bernard Henri-Lévy. "La réponse est oui. Pour peu – et je sais que c'est son cas – que ce changement soit le fruit d'un authentique travail sur soi, d'un effort de pensée et de connaissance honnête".

Lui tendre loyalement la main

L'écrivain rappelle ensuite que Yann Moix a demandé pardon, vendredi soir sur le plateau d'On n'est pas couché sur France 2 (l'émission a été diffusée samedi).

"Je demande pardon pour les dessins abjects, choquants que j'ai commis à 20 ans", a dit l'ex-chroniqueur de Ruquier, qui a demandé pardon à Bernard Henry-Lévy et "à tous ceux que j'ai blessés du plus profond de mon être. Pardon pour ces bandes dessinées".

"Quand un homme [...] donne les preuves de sa volonté de rédemption, quand il s'engage, avec probité, dans le corps à corps avec ses démons, je pense qu'il est juste de lui en donner acte, de lui tendre loyalement la main et, si on le peut, de l'accompagner", conclut Bernard Henry-Lévy.

Nawal Bonnefoy