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Touche pas à mon poste!: les journalistes LGBT dénoncent "un mois d'homophobie ordinaire"

Cyril Hanouna aux côtés de ses chroniqueurs de "Touche pas à mon poste!"

Cyril Hanouna aux côtés de ses chroniqueurs de "Touche pas à mon poste!" - Cyrille George Jerusalmi - C8

L'Association des journalistes lesbiennes gay bi et trans pointe dans un texte les propos homophobes tenus pendant un mois sur le plateau de TPMP.

Les plaisanteries graveleuses et humiliantes qui prennent pour cible des homosexuels sont monnaie courante dans l'émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste sur C8, a dénoncé l'Association des journalistes lesbiennes gay bi et trans (AJL).

En novembre, relève l'AJL dans un texte publié cette semaine, Cyril Hanouna et ses chroniqueurs ont abordé 42 fois le sujet à l'antenne, en grande majorité (28) via des "blagues de mauvais goût à caractère sexuel". Elle appelle ses responsables à "prendre conscience des mécanismes de domination et de discrimination dont ils se font les complices, et les autorités compétentes à agir".

L'émission a déjà reçu plusieurs avertissements du CSA pour plusieurs séquences jugées choquantes ou humiliantes.

"Avoir un balai dans le cul"

"Le 7 novembre, le chroniqueur Camille Combal et Cyril Hanouna imitent, comme ils le font souvent, un couple gay semblant tout droit sorti de La cage aux folles. L'animateur prend des airs efféminés: 'Je suis complètement ouvert à la flagornerie.' Le 15 novembre, Jean-Michel Maire parle des homosexuels qui se cachent: 'Etre dans le placard... d'où l'expression 'avoir un balai dans le cul'", cite l'AJL, parmi une longue liste de dialogues comparables.

L'AJL souligne aussi que "dans ce système où l'homosexualité peut faire l'objet de toutes les railleries, un membre de l'équipe occupe en effet une place à part: Matthieu Delormeau. Souffre-douleur numéro un de Cyril Hanouna, le chroniqueur fait l'objet d'allusions incessantes à son homosexualité", parfois extrêmement grossières.

"Animal de foire"

"L'air de rien, ces remarques dessinent dans l'esprit du public ce qu'il est possible de faire chez soi, avec ses ami-e-s, au travail, au lycée: se moquer des personnes LGBT pour ce qu'elles sont, les transformer en animal de foire sous couvert d'humour, les accepter (un peu) pour les humilier (beaucoup)", dit l'association.

"TPMP donne à voir des comportements de harceleurs de cour de recré, qui peuvent avoir des conséquences dévastatrices. En France, les associations de défense des droits LGBT estiment qu'un ado gay a quatre fois plus de risques de se suicider qu'un jeune hétéro", affirme-t-elle.

la rédaction avec AFP