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"C'est un concours": la présidente de "Miss France" défend l'émission, attaquée par Osez le féminisme

Pour la présidente de la société Miss France, attaquée aux prud'hommes par une association féministe, le programme est un concours,

Alexia Laroche-Joubert défend son concours. La présidente de la nouvelle société Miss France, a réagi ce mardi sur BFMTV à l'action en justice annoncée la veille par Osez le féminisme pour discrimination et non respect du droit du travail.

"C'est un concours, ce n'est pas régi par le droit du travail. En revanche, il y a un règlement du jeu", a-t-elle ainsi martelé, ajoutant, "Ce n'est pas comme Koh-Lanta (autre émission qu'elle produit et où les candidats perçoivent un salaire, NDLR) qui dure 40 jours. Cela n'a rien à voir. Il y a un statut pour ça, il y a des règlements du jeu."

"Un lien de subordination"

Osez le Féminisme, ainsi que trois femmes, qui n'ont pas pu participer au concours, ont intenté lundi une procédure devant le conseil des prud'hommes de Bobigny, visant les sociétés Miss France et Endemol Production.

Endemol "utilise des femmes pour fabriquer un programme audiovisuel extrêmement lucratif tout en bafouant le droit du travail", estiment les requérantes.

L'objectif est que les orud'hommes reconnaissent que les prestations des jeunes femmes ne relèvent pas du bénévolat, et valent donc contrat de travail. Auquel cas, ce dernier serait discriminant, selon l'association. "Il y a une prestation de travail, il y a un lien de subordination, il y a même une rémunération, qui actuellement se fait en cadeaux, puisqu'on leur offre des sacs à mains, des robes de mariées", a expliqué à BFMTV, l'avocate d'Osez le féminisme, Maître Violaine de Filippis-Abate.

"Ces trois critères sont de nature à constituer très clairement la relation de travail, et donc à interdire toute discrimination à l'embauche", poursuit-elle.

Or, le Code du travail interdit, dans un recrutement, tout critère lié "aux mœurs, à l'âge, à la situation de famille ou à l'apparence physique", a-t-elle également souligné auprès de l'AFP.

"Un record d'inscriptions"

"Les féministes prennent l'occasion de s'exprimer à ce moment-là", note Alexia Laroche-Joubert. "On ne sait pas si c'est trois femmes qui n'ont pas été admises, se sont présentées au concours. Ce qu'on sait, c'est que l'une d'entre elles est membre du conseil d'administration de l'association (Osez le féminisme) et les autres sont des militantes".

Evoquant également les récurrentes accusations de sexisme à l'encontre du concours, Alexia Laroche-Joubert a exprimé son souhait de faire évoluer le concept.

"Je n'ai plus envie d'être dans le Victoria Secret, dans le tout cheveux et physique", assure-t-elle ainsi. "C'est pour cela d'ailleurs qu'on va permettre aux filles de s'exprimer, pour mieux les connaître."

Miss France, "ce n'est pas une mannequin, ce n'est pas quelqu'un qui défile avec des vêtements, c'est quelqu'un qui va au contact des Français et des officiels, elle doit aussi véhiculer des valeurs auprès des jeunes filles".

"On a eu un record d'inscriptions cette saison", affime enfin Alexia Laroche-Joubert, qui conclut en s'interrogeant: "Pourquoi ces jeunes filles n'auraient pas le droit de rêver, d'espérer faire une carrière?"

Magali Rangin