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Les accusatrices de Jeffrey Epstein "scandalisées" par le manque de coopération du prince Andrew

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L'avocate de certaines victimes présumées a dénoncé un "mauvais service rendu aux victimes, qui ont le droit à la vérité".

A peine la tempête du "Megxit" calmée, la famille royale britannique se retrouve de nouveau dans la tourmente. Les avocats des victimes de Jeffrey Epstein ont sommé mardi le prince Andrew de témoigner sur ses liens avec le financier américain défunt, accusé de trafic de mineures.

La photo du second fils de la reine Elizabeth II s'étale en Une du tabloïd le plus lu au Royaume-Uni, The Sun, assortie de la mention "Avis de recherche". Après un début d'année mouvementé, la monarchie n'avait pas besoin d'une telle publicité, qui intervient à la suite d'une mise en cause publique de la justice américaine.

Déjà contraint de se retirer de la vie publique l'année dernière en raison de cette affaire, Andrew "n'a, à cette date, apporté aucune coopération" à l'enquête, a accusé lundi le procureur de New York Geoffrey Berman, lors d'une conférence de presse devant la demeure du financier à Manhattan.

Son bureau et la police fédérale américaine (FBI) lui ont demandé de témoigner sur ses relations avec Epstein, comme il l'avait promis fin 2019, mais n'ont pas encore obtenu de réponse. 

Une "obligation morale" de s'exprimer

Un comportement "ridicule" et "inacceptable", estime Gloria Allred, l'avocate de certaines victimes présumées interrogée sur la BBC mardi matin, dénonçant un "mauvais service rendu aux victimes, qui ont le droit à la vérité". 

"S'il n'a rien fait de mal, comme il le prétend, alors pourquoi ne veut-il pas parler aux autorités?", a-t-elle ajouté, mettant en avant "l'obligation morale" qu'aurait le prince Andrew de s'exprimer. 
"Les cinq victimes d'Epstein que je représente sont scandalisées et déçues par l'attitude du prince Andrew", a commenté, toujours sur la BBC, l'avocate américaine Lisa Bloom. "S'il n'avait vraiment rien fait de mal, il lui incombe d'aller parler au FBI à un moment qui lui semble opportun, afin de dire ce qu'il sait. Il peut aider".

Manque de compassion

Le duc d'York, 59 ans, est mis en cause pour ses relations avec le financier américain, qui était accusé d'avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures des années durant et s'est suicidé en prison. Le prince Andrew est lui-même accusé par l'Américaine Virginia Roberts, épouse Giuffre, de l'avoir forcée plusieurs fois à des relations sexuelles.

Lâché petit à petit par les entreprises et associations avec lesquelles il travaillait, le prince avait été contraint fin novembre de se retirer de la vie publique, après le fiasco d'une longue interview télévisée où il était apparu arrogant et manquant de compassion pour les victimes présumées d'Epstein. Celui qui est huitième dans l'ordre de succession au trône britannique s'était alors dit "prêt à aider" l'enquête sur cette affaire.

Une reine "pas assez impitoyable"

D'abord discret, le prince Andrew avait dernièrement recommencé à faire des apparitions aux côtés de sa mère, la reine Elizabeth II.

"Andrew a pu se comporter de façon insensée, mais il n'était pas devenu pour autant un paria de la famille royale: voilà le message", interprétait mardi matin le Times, regrettant qu'elle ne se soit pas montrée "assez impitoyable". 

"Loin de disparaître de la vue du public, Andrew est resté visible", déplore aussi l'éditorialiste Richard Kay dans le Daily Mail, assurant que ce "sordide cas de pédophilie menace une nouvelle fois de submerger le palais de Buckingham" et la reine, dont "Andrew a toujours été (le) préféré". 

Contacté sur la question par l'AFP, le palais de Buckingham restait silencieux mardi. "Techniquement, le palais s'en tient "au nouveau statut d'Andrew", estime Richard Kay: puisqu'il "n'est plus un membre de la famille royale en exercice", "le palais ne s'exprime plus en son nom". 

N.B. avec AFP